NIETZSCHE et l’algodicée

Friedrich Wilhelm NIETZSCHE (1844 -> 1900)

——————

Zarathoustra « créer voilà la grande délivrance de la souffrance, voilà ce qui rend la vie légère »

– Nietzsche a été sa vie entière sujet à d’importants problèmes de santé (e.g. violentes et fréquentes migraines et vomissements, maladie gastrique, graves problèmes oculaires)

  • La souffrance est pour lui une manière d’entrer vraiment en contact avec soi

    • C’est un mode de possession de nous-mêmes

– Nietzsche a d’abord été influencé par Schopenhauer qui considère ce monde comme le pire possible, comme rempli de souffrances qui empirent toujours et que nul ne peut arrêter

  • Schopenhauer recommande de trouver refuge dans l’art, la philosophie, la perte de la volonté de vivre, et la tolérance envers ses compagnons de souffrance

    • Pour lui la vie est un pendule qui oscille entre la souffrance et l’ennui (Le monde comme volonté et représentation)

      • C’est la doctrine de la négation du vouloir que Nietzsche dénoncera en Schopenhauer comme la marque même du pessimisme nihiliste (i.e. une négation de la Vie)
QU’EST-CE QUE LA DOULEUR ?

– La douleur est une sensation qui se passe dans le corps : c’est ce qui survient et que nous ne pouvons éviter

  • Définition de l’Organisation Mondiale de la Santé : « La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, liée à une lésion tissulaire réelle ou décrite comme telle »

  • Elle fait partie de la vie

    • Dans la bible il est dit que la femme enfantera dans la douleur et que l’homme gagnera son pain dans la peine

      • Seul Dieu, par définition, est exempt de douleur (et il se tient hors du monde)

    • Mais dans la nature les animaux fuient la douleur

      • Tous comme les animaux, les hommes sont programmés pour ne pas souffrir

  • C’est un signal d’alarme de l’organisme l’incitant à résoudre le problème

    • Une information permettant à la conscience de faire l’expérience de l’état de son corps pour pouvoir y répondre

    • Elle met en garde contre les menaces et motive l’adaptation (lutte ou fuite)

  • La subjectivité de la douleur face à l’objectivité de l’observation et du diagnostic médical

    • Le ressenti de la douleur est personnel, intime, impossible à mesurer et à décrire

      • Il peut déprendre de la culture, de l’éducation, du sexe, de l’âge et de l’expérience douloureuse antérieure

      • Certaines personnes dévoilent peu et dissimulent leur douleur

  • La douleur de l’enfant n’a pas toujours été reconnue et a été longtemps sous-estimée

    • Chez le nouveau-né étant même officiellement considérer inexistante jusqu’à la démonstration du contraire en 1987

      • On a longtemps cru que le système nerveux des petits était immature et qu’ils étaient donc moins sensibles à la douleur
  • Des théodicées pour répondre au problème du mal (St Augustin, « unde malum » d’où vient le mal)

    • Platon : le mal et la souffrance n’existent « réellement » pas car ils relèvent simplement d’un défaut ou d’une absence d’être, et n’existent qu’en tant qu’apparence

    • Leibnitz : le mal n’est qu’une question de « détails » car du point de vue de l’ensemble, nous vivons dans le « le meilleur des mondes », Dieu a fait au mieux

      • Voltaire se moquera dans son Candide à propos du « meilleur des mondes possibles »

QU’EST-CE QUE LA SOUFFRANCE ?

– La souffrance est générée par des pensées

  • Définition de l’Organisation Mondiale de la Santé : « La souffrance qualifie un être qui supporte, endure, ou subit une douleur physique et morale, un état de mal-être, c’est-à-dire un sentiment de non-adaptation au monde, d’étrangeté aux êtres et aux choses, d’indifférence douloureuse »

  • C’est la réaction à la douleur

    • C’est une interprétation, un jugement de la douleur

      • c’est quand on dit non à la douleur

        • quand on se ferme à la douleur qui vient d’arriver

    • C’est la tension mentale que l’on ajoute à une douleur sensorielle ou émotionnelle qui nous traverse dans l’instant premier

    • Il y a 2 éléments distincts dans le phénomène de la souffrance

      • d’une part, la sensation elle-même qui est la douleur
      • et d’autre part, l’aversion qui est la souffrance : le Bouddha, la parabole des deux flèches
    • La douleur est comparable au fait d’être touché par une première flèche

      • Celui qui ne résiste pas à la douleur physique ressent seulement cette flèche

      • Mais beaucoup de ceux qui expérimentent la douleur y ajoute une couche de souffrance émotionnelle : c’est « la deuxième flèche »

        • L’angoisse devant la douleur est comparable au fait d’être touché par une seconde flèche

          • L’impact de la deuxième flèche est dû à notre résistance

              • Cet impact disparaît avec l’acceptation

          • De nombreuses douleurs chroniques du dos proviennent de tensions musculaires plus qu’à des problèmes structurels du corps : il se forme une boucle de feed-back stimulée par la peur et les pensées négatives qui font se contracter les muscles

          • Ronald Siegel « Quand nous expérimentons une douleur physique en craignant qu’elle soit causée par une blessure, nous concentrons toute notre attention dessus. Et le simple fait de porter une attention anxieuse à la douleur augmente l’expérience de la douleur »

            • Un changement d’attitude peut faire diminuer non seulement la souffrance mais aussi le niveau de douleur du muscle lui-même

                • Ronald Siegel « En tournant notre attention vers le phénomène dont nous avons peur et en essayant de dire vraiment « oui » aux sensations, toute cette réaction d’aversion tend à diminuer »

  • La souffrance, à la différence de la douleur, ne se mesure pas, et comme la douleur elle est aussi subjective

    • Un individu qui souffre psychiquement alors c’est l’être tout entier qui est concerné, i.e. toutes les dimensions de son esprit

      • Alors que la douleur elle, est plutôt localisée dans le corps

  • La souffrance est toujours évitable

    • Accueillir inconditionnellement tout ce qui se manifeste en soi

      • Et cela inclut également la part en soi qui ne voudrait pas accueillir inconditionnellement

  • La libération de la souffrance c’est d’accueillir la douleur

        • Apprendre à changer ma relation à ce qui est
          • Il n’y a rien d’autre que ce qui est et goûter ce qui est, est la fin de la souffrance

        • Mais accueillir la souffrance ne veut pas dire qu’il faut être d’accord avec ce qu’il se passe

    • Pour éviter la souffrance = ne pas chercher à éviter la douleur qui survient et à laquelle on ne peut rien

      • Souffrance = Douleur x Résistance

        • Si Résitance = 0 alors il n’y aura que la Douleur

          • Je peux me libérer de la souffrance mais pas de la douleur

    • Si je veux la paix => je dois aimer ce qu’habituellement je n’aime pas

      • Jésus « aimez vos ennemis »

  • La souffrance joue un rôle important dans la plupart des religions relativement à par exemple

      • la consolation ou le réconfort

      • la conduite morale (ne fais de mal à personne, aide les affligés)

      • le progrès spirituel (pénitence, ascétisme) et la destinée ultime (salut, damnation, enfer)

    • Le poids de la culture judéo-chrétienne dans laquelle l’homme et la femme ont été destinés à souffrir en étant chassés du paradis

      • Dans la Bible, la douleur est associée à une punition divine lors du non-respect des lois dictées par Dieu

        • Le malheur, la souffrance, la douleur frappent toute infraction à la loi

        • La tradition chrétienne assimile la douleur au péché originel : « la vie est une vallée de larmes »

          • Elle est une donnée inéluctable de la condition humaine

          • Une souffrance qui sauve l’homme en le rapprochant de la passion du Christ

            • Le calcul chrétien consiste bien à redonner un sens à la souffrance en faisant d’elle un moyen pour l’obtention du salut

            • Simone Weil « L‘extrême grandeur du christianisme vient de ce qu’il ne cherche pas un remède surnaturel contre la souffrance, mais un usage surnaturel de la souffrance »

    • Dans la religion musulmane il n’y a pas d’entrave à la prise en charge de la douleur

      • La douleur n’est pas la sanction d’une faute mais elle est prédestinée, inscrite en l’homme bien avant sa naissance

        • Mais si Dieu a créé la douleur il a aussi donné à l’homme les moyens de la combattre par la médecine et la prière

          • Les musulmans n’ont jamais refusé de soulager la douleur, ils sont même plus souvent demandeurs de soin que les juifs ou les chrétiens

    • Dans les spiritualités orientales : la misère humaine n’est pas le fait d’une punition des dieux, mais de la seule ignorance des hommes

      • Le bouddhisme enseigne que la souffrance humaine (dukkha) provient de notre habitude à

        • nous accrocher aux souvenirs de nos expériences (le passé)

        • à imaginer des choses qui ne sont pas encore (le futur)

        • et de notre incapacité à percevoir correctement la réalité, dans l’instant

          • alors qu’il faudrait être dans le « hic et nunc », l’ici et maintenant, le « carpe diem » Lucrèce

    • Même chez les individus non religieux, la douleur peut être considéré comme la punition d’une faute commise

  • L’identification de la souffrance dans le Règne animal reste un sujet de recherche
    •  La question de l’existence de la souffrance chez les animaux reste un sujet de controverses
      • La question est de savoir si les animaux possédant des structures cérébrales comparables à celles des êtres humains (cortex cérébral ou structures semblables) et montrant sur le plan de la cognition des capacités proches de celles des humains, ont des capacités d’éprouver de la souffrance ?
LA « VOLONTE DE PUISSANCE »

– Nietzsche a exalté la volonté de puissance méprisant la faiblesse de la compassion ou de la pitié

  • Pour lui cela n’a pas de sens de vouloir donner comme but à la vie humaine (Aristote « le souverain bien ») e.g. le bonheur, le plaisir, la vertu, la paix de l’âme car il veut prendre en compte tous les êtres vivants (une plante ne recherche pas la vertu)

    • C’est la Vie qui est la valeur suprême et elle se manifeste dans la « volonté de puissance »

      • Ce n’est pas la faculté humaine au sens de la libre décision

        • Mais c’est une puissance de devenir qui veut s’accroitre perpétuellement elle-même, s’intensifier

          • La volonté de puissance veut tendre toujours vers plus de puissance : c’est son seul but

            • La volonté de puissance est sans but si ce n’est de s’accroitre elle-même

              • Heidegger parlera du « monde de la technique » à propos de notre post-modernité qui est une forme de volonté de puissance

      • La volonté de puissance n’est pas l’éloge de la domination mais c’est la volonté de vie

        • C’est la force de création : une nécessité intérieure de créer

          • C’est le désir universel de se réaliser

      • Il n’existe pas une Volonté de puissance mais des volontés de puissance qui s’emparent des phénomènes de la vie

        • La définition que Nietzsche donne de la vie dans la seconde des Considérations inactuelles « C’est la vie, la vie seule, cette puissance obscure qui pousse et qui est insatiable à se désirer elle-même »

    • Spinoza, le conatus (le désir de persévérer dans son être) est un symptôme d’une volonté de puissance affaiblie

      • Le désir de se conserver en bonne santé n’est que le signe d’une petite santé

« L’ETERNEL RETOUR »

– La première annonce de son hypothèse de l’éternel retour est dans le §341 (LE POIDS LE PLUS LOURD) du Gai Savoir

    • Devoir refaire infiniment la même chose

      • Supporter le poids de repasser par même les moments désagréables

    • L’éternel retour est une pensée terrible pour les faibles qui n’aiment pas la vie

      • Accepter la vie dans son entier avec sa part de peines et de cruautés

      • Assumer une existence plus intense et plus légère, déliée des peurs dans la jouissance de l’instant

– L’éternel retour : une maxime sélective

    • Agis de telle sorte que tu puisses vouloir l’éternel retour de ta vie tout entière
      • « Tout ce qu’il y a d’indiciblement petit et grand dans ta vie devront revenir pour toi, et le tout dans le même ordre et la même succession »

    • Cette maxime peut servir d’évaluation pour mesurer l’intensité de notre passion du « oui » devant l’existence

      • La manière dont nous sommes capables de accueillir la vie est révélatrice de la force de notre amour pour tout ce qui existe

    • Pour Deleuze, cette règle jouerait le même rôle

      • sur le plan du désir

        • « Ce que tu veux, veuille-le de telle manière que tu en veuilles aussi l’éternel retour »

      • que l’impératif kantien sur le plan de la morale

        • « Agis toujours selon une maxime universelle »

LE « SURHUMAIN »

– Nietzsche souhaite la venue du surhumain

  • über-mensch : traduire plutôt par surhumain plutôt que par surhomme

    • mensch se traduit par humain et non pas par homme (mann)

    • le préfixe über suggère aller au-delà, dépasser, traverser, surmonter

  • Exemples de surhumains pour Nietzsche

    • César Borgia (la virtu machiavélienne bien comprise de la force et de la ruse – ce n’est pas la cruauté débridée) mais il a été vu comme le méchant

    • Napoléon

      • Un « l’idéal noble en-soi » car il fait exception aux valeurs de son temps

        • la capacité de ne pas penser les hommes de manière identique : une hiérarchie entre individus

        • la capacité à se distinguer qui s’oppose aux valeurs démocratiques qui dominent l’époque moderne (la Révolution et l’égalitarisme)

        • Il a su s’arracher au patriotisme pour le soucis de l’Europe, un soucis de culture

  • Il n’y a pas une différence d’essence, de nature entre l’homme et le surhumain, mais une différence de degré (« un type relativement supérieur »)

    • Il y a des degrés distincts d’humanité : il n’y a pas d’un côté l’humain et de l’autre côté voire très loin au-dessus, le surhumain

      • Mais il y a plutôt des degrés hiérarchisés de maîtrise de soi

      • Le surhumain doit accroître ses forces propres pour n’être plus ce qu’il était auparavant

        • Il doit toujours développer sans cesse ses capacités, un mouvement sans fin de dépassement

          • Ce n’est pas un accomplissement d’une fin dernière

    • Le surhumain a un degré de puissance, de force supérieure avec des capacités

      • de maîtrise de soi (suppose une hiérarchie des pulsions qui compose l’individu)

      • à créer

      • à surmonter ce que l’on est (ses faiblesses, ses déficiences)

    • Le surhumain n’est pas une nouvelle espèce qui devrait se substituer à l’humain

      • Alors que le super héros est naturellement doté de super pouvoirs qui le distingue essentiellement (par nature) de l’humain

  • Le surhumain est

    • l’homme échappé du nihilisme, il est un antidote au nihilisme

      • Pour Nietzsche, ce qu’il appelle le « nihilisme » est la tendance à vouloir le néant plutôt que de ne pas vouloir

        • Le nihilisme est un mode de pensée qui pose une structure dualiste entre le réel et l’idéal (e.g. l’ici-bas et l’au-delà, le communisme et le socialisme, la royauté et la démocratie)

        • Les structures religieuses sont nihilistes : elles font une opposition entre l’idéal et le réel

          • Platon invente les Idées pour nier le sensible

          • Le christianisme invente l’au-delà/le ciel/le paradis pour nier la terre/l’ici-bas, un penchant à la dépréciation et à la négation de la Vie (et de la « Terre »)

    • l’homme redevenu créateur, joyeux

  • Le surhumain doit advenir à partir de cette « pierre » qu’est l’homme (Zarathoustra : « la pierre la plus laide qu’il soit »)

    • On ne va pas travailler contre l’humain, on ne va pas créer le surhomme à partir de rien, ex nihilo

    • Le surhumain est un surpassement de l’individu par l’individu, et non pas une substitution par miracle

  • Le surhumain doit se substituer aux dieux

    • « tous les dieux sont morts nous voulons à présent que le surhumain vive »

      • Nietzsche dénonce toutes formes d’idolâtries, « d’arrière-mondes »

  • Le surhumain est un but, pas une vénération passive : on doit le faire advenir par soi-même

    • Il n’est pas un idéal absolu de perfection, pas une image à contempler

      • Mais il est une tension dans un mouvement de dépassement de soi sans fin => « le perfectionnisme moral »

      • La figure du surhumain n’est pas fixe, statique et nous ne devons pas chercher à l’imiter (comme on le fait pour le héros qui lui a des caractéristiques fixes, accompli), idée d’un mouvement

        • Le héros  (« le grand homme ») : désigné comme tel par rapport à un système de valeurs préexistant (e.g. celui qui se sacrifie pour sauver la vie d’un autre) = des valeurs (historiques) que nous n’avons jamais interrogées et que Nietzsche entend remettre en question

          • Le culte du héros favorise l’attitude grégaire, un conformiste aux valeurs dominantes

      • Le surhumain doit interroger les valeurs dominantes

        • Il doit se demander si ses valeurs sont les plus saines, si elles sont les plus favorables à la vie humaine et éventuellement se déprendre des valeurs qui sont actuellement les nôtres

  • Nietzsche demande d’aller vers le surhumain

    • Une nécessité de se faire souffrir car cela demande une certaine cruauté pour se dépasser soi-même

      • Savoir sacrifier certains aspects de soi-même pour compenser certains défauts que nous pourrions avoir => une cruauté « sublimée »

    • Dans le surhumain il a toujours quelque chose comme de « l’inhumain », mais pas au sens de l’abominable, pas du monstrueux

LE PROBLEME DE LA SOUFFRANCE

– La question de la raison d’être de la souffrance, pourquoi il y a de la souffrance ?

  • C’est la question du sens à la souffrance : une utilité ? Une justification ?

  • Pour Nietzsche, l’homme est un « animal maladif »
    • Il y a une souffrance devant le problème du sens de la vie, et l’homme se pose une question angoissante et sans réponse : pourquoi souffrir ?
      • « Le non-sens de la douleur, et non la douleur elle-même est la malédiction qui a jusqu’à présent pesé sur l’humanité »
      • « l’idéal ascétique » donne un sens à la douleur : toute souffrance est le châtiment d’une faute
        • Cette réponse comble « le vide immense »
          • « n’importe quel sens vaut mieux que pas de sens du tout »
          • « l’homme préfère encore avoir la volonté du néant que de ne point vouloir du tout… »
      • Pour les chrétiens la souffrance a valeur de rédemption, de rachat (e.g. le Christ crucifié sur la croix en est la valeur paradigmatique) afin de mériter le salut dans un au-delà

        • Cioran parle de « culture de la souffrance »

          • Le “virus” chrétien qui dispense une culture de la souffrance (e.g. les mystiques du Moyen-Âge qui recommandent les vertus de la chemise de crin)

      • Pour Nietzsche, Socrate et Platon annoncent « la perversion chrétienne », celle qui va permettre « le triomphe des faibles »

        • C’est le règne du théorique, de la métaphysique et de la morale

        • Les « faibles » vont apprendre à monter sur la scène publique et à s’emparer de la parole

          • « Ce qui a besoin d’être démontré n’a que peu de valeur »

          • Va commencer la répression des instincts forts

      • L’ardeur de vivre est détrônée par l’art de la dialectique

      • Les joutes verbales, les discussions théoriques, amèneront à

        • différer l’action

        • inhiber les premiers mouvements

        • suspecter les intuition

        • définir la vertu par la connaissance du bien et du mal

        • installer l’examen de conscience

        • Il va y avoir l’évacuation du corps, cet ascétisme platonicien, cet angélisme qui dévalorise la matière et le devenir (Platon est le « grand diffamateur de l’existence »)

          • Il y a ce mépris de la chair, par amour du pouvoir et de la domination

          • Il y a une volonté de mort latente chez l’homme occidental

            • le rejet du sensible

            • le refuge dans les « arrière-mondes » de l’idéalisme

      • La morale de l’abnégation fait l’éloge de l’oubli de soi

        • Cela fait du bien à autrui, à la société mais nuit à l’individu, à son épanouissement en sa véritable nature

          • Exige un renoncement de la part du moi au profit d’un autre moi

        • Nietzsche veut être son propre législateur

          • C’est la seule façon d’être satisfait de soi-même et supportable aux autres : les frustrés et les ratés en général se vengent sur les autres

  • Pour « l’homme réactif » la souffrance est un argument contre l’existence (Nietzsche appelle « homme réactif » celui qui a besoin de nier certaines forces pour en poser de nouvelles)

    • L’homme réactif souffre car il n’en finit pas de « ressentir », il est surtout dans la réaction au lieu d’agir

      • Il se laisse envahir par la souffrance, se laisse empoisonner par elle sans réagir

  • L’homme à tendance à souhaiter que le monde soit conforme à ses vœux mais souvent le réel ne correspond pas à ses rêves de puissance et de perfection

    • Il est tenté de vouloir changer le réel : e.g. sur le mode hallucinatoire (drogues) mais nécessairement illusoire et au prix de souffrances

      • Il faut accepter le réel (les stoïciens)

  • L’homme est fondamentalement animé par le désir (e.g. le conatus chez Spinoza, le « vouloir vivre » chez Schopenhauer « la vie est comme l’oscillation d’un balancier entre la souffrance et l’ennui »)

    • L’homme est tenté de vouloir supprimer ou atténuer le désir = la voie choisie par la plupart des sagesses antiques comme orientales => Les pensées de l’ascèse ou du détachement comme réponse à la réalité de la souffrance

      • Epicure : limiter ses désirs

        • C’est une conception négative du bonheur : le bonheur (ou le plaisir, le contentement, la béatitude…etc.) est assimilé à l’absence de souffrance ou de peine (l’ataraxie, la paix de l’âme)

          • La plupart des philosophies eudémonistes (antiques comme orientales) posent une équivalence entre être heureux et ne pas souffrir

            • Elles prônent une forme d’ascèse, le détachement des êtres ou des objets susceptibles de me faire souffrir, ne serait-ce que par leurs pertes

            • C’est un désir « de ne plus avoir de désir » : un désir au service de la pulsion de mort dirigée contre soi-même

              • Pour Nietzsche c’est une peur de la vie, c’est une forme d’infirmité face à la vie

              • Ne pas ressentir, c’est éviter la souffrance, mais c’est aussi éviter la jouissance

      • Les stoïciens prônent de se désintéresser « de ce qui ne dépend pas de nous »

        • Vertu principale du stoïcisme :

          • un acquiescement au réel

          • un renoncement à vouloir que les choses arrivent comme nous les désirons

        • « Se suffire à soi-même » et se replier dans sa « forteresse intérieure » par la force de sa seule volonté

          • Mais comment pourrais-je ne pas être dépendant de tout ce qui m’entoure ?

      • Le bouddhisme se présente également comme une sagesse visant à s’attaquer aux causes de la souffrance par l’extinction progressive du désir

        • Schopenhauer est le premier philosophe qui introduit la pensée du bouddhisme en Europe

        • C’est une certaine forme de détachement => se détacher des êtres et des choses

          • « Toute sensation est lien, le plaisir comme la douleur, la joie comme la tristesse. Seul s’affranchit l’esprit qui, pur de toute accointance avec êtres et objets, s’exerce à sa vacuité »

        • Lao-tse « La vie intense est contraire au Tao » ; Tchouang-tse « Que l’homme n’aime rien, et il sera invulnérable »

        • Il faut se débarrasser de la souffrance car elle n’a aucun sens en elle-même (pas de finalité, contrairement au christianisme)

        • L’origine véritable de la souffrance

          • C’est le fruit de l’ignorance et de l’illusion

          • C’est le désir toujours insatiable et toujours insatisfait qui repose sur l’illusion de croire que nous sommes une entité indépendante existant par elle-même indépendamment des autres êtres du monde

            • Mais désirer ne plus désirer est-il soutenable du point de vue de la vie même ? N’est-ce pas d’une certaine façon un « attentat » contre la vie ?

              • Si l’être humain (et sans doute l’animal aussi) se définit par sa capacité à être affecté par autre chose que lui-même (dans le sens des passions tristes comme des passions joyeuses), comment défendre théoriquement cette possibilité du détachement sans sortir du domaine proprement humain (au profit d’un « surhomme » ? Ou d’un « cadavre vivant » ?)

          • La cause de la souffrance physique et mentale des êtres dans le monde (famines, tortures, massacres) est toujours la même : le désir égoïste, les sentiments négatifs qui nous séparent des autres, nos désirs de richesses extérieures et de pouvoir

            • Lutter contre la souffrance, c’est d’abord ne pas créer d’autres souffrances

        • La compassion, le sentiment d’empathie face aux souffrances, la volonté de ne pas nuire, non seulement sont des armes contre la souffrance des autres, mais contribue également à alléger ma propre souffrance par l’ouverture, le non-isolement et par conséquent une moindre focalisation sur soi-même

          • L’interdépendance (rien n’existe en soi, par soi, de façon autonome, indépendante)

            • La relation à autrui : mon bonheur passe par celui des autres

              • Nous devons cultiver et développer les qualités humaines (franchise, tendresse, droiture, chaleur humaine…)

NIETZSCHE : UNE ALGODICEE

algodicée, sur le modèle de théodicée, est composé du préfixe algo (la douleur en grec ancien) et de dicée (justice, droit en grec ancien) = c’est la connaissance par la souffrance

– Pour Nietzsche, la vie humaine ne peut pas aller sans souffrance : on ne pourra pas l’éviter

  • Notre humaine condition = nous sommes sensibles et finis et qu’une petite partie de la Nature, soumis aux lois de la causalité

    • Spinoza “nous ne sommes pas un empire dans un empire

  • La souffrance est un outil de connaissance : e.g. elle nous apprend que la souffrance n’a aucun sens

    • La douleur n’est pas rédemptrice comme chez les chrétiens qui supportent la douleur pour gagner le paradis

      • Au fond du christianisme il y a une exhalation de la souffrance, de la passivité
  • Il faut aimer la vie malgré la promesse de son échec (la mort)

    • La souffrance ne promet que la souffrance, pas la victoire

  • La souffrance comme aide fondamentale à la construction de l’esprit qui se veut « libre »

    • Nietzsche ne considère pas la violence ni la souffrance comme finalité de la vie mais plutôt comme un moteur, un stimulant qui permet à l’homme de mieux développer son esprit

      • Nietzsche s’élève contre l’instinct grégaire (il parle souvent du « troupeau ») et de dilettantisme

  • Il faut penser la vie comme articulation du début jusqu’à la fin entre le souffrir et l’agir

    • Le véritable vécu n’est pas l’unité de l’égo (le je, la conscience) mais est pluriel : je est d’abord un nous (nous sommes constitués d’un ensemble de pulsions)

      • Le souffrir est au cœur le plus profond de la vie

        • L’homme doit reconnaître qu’il est un être composé d’une multiplicité de pulsions mais qu’il les a hiérarchisés

          • Un type d’homme philosophique : certaines de ses pulsions dominent en lui d’autres pulsions pour que sa vie ait une direction déterminée (et pas e.g. une hyperactivité)

        • Dans cette infra-vie qui n’est pas perçue par la conscience, il y a sans arrêt du souffrir : les blessures du nouveau, nos cellules se réparent tout le temps

    • En agissant on se défait du ressentiment qui est issu de l’impuissante et de l’inaction

      • La souffrance développe la vaillance, l’ingéniosité, la curiosité

        • Un remède contre la fatigue est de l’ordre de la création, de l’engendrement de qque chose

          • Zarathoustra « créer voilà la grande délivrance de la souffrance, voilà ce qui rend la vie légère »

            • On est dans un état d’épuisement lorsque l’on ne veut plus rien, que l’on a plus de volonté, et on ne cherche plus à se transformer soi-même pour sortir de cet état (e.g. la dépression)

        • Le monde et ses souffrances sont absurdes

          • mais l’art peut tout de même les sublimer et en particulier la musique (« sans la musique, la vie serait une erreur, une besogne éreintante, un exil »)

    • La souffrance et le bien-être n’ont pas à entrer dans une quelconque chaîne de valeurs (« par-delà le bien et le mal »)

      • C’est la vie qui s’exprime à travers la passion, le sentiment, la sensation

    • Tenter de se préserver de toute blessure conduit à réduire tout autant la voie vers le plaisir

      • Pour Nietzsche, bienfait et déplaisir sont liés

        • Le Gai Savoir « Et si plaisir et déplaisir étaient liés par un lien tel que celui qui veut avoir le plus possible de l’un doive aussi avoir le plus possible de l’autre, – que celui qui veut apprendre l’« allégresse qui enlève aux cieux » doive aussi être prêt au « triste à mourir »

      • Les peines, comme les joies, nous guident dans notre existence et donc dans l’apprentissage de soi

        • Pour être heureux, il faut admettre que le malheur n’est pas exclu du chemin qui nous mène à la satisfaction

  • Les idéaux qui veulent éradiquer complètement la souffrance ne font qu’affaiblir l’homme => il y a des formes de cruauté bien pensées

  • Il faut assumer joyeusement le caractère insensé et tragique de l’existence avec ses peines et ses plaisirs mêlés

    • « l’homme actif » intègre la souffrance

      • Il empêche l’envahissement de la douleur à l’intérieur de lui

        • La souffrance est même un « excitant de la vie »

          • « On se guérit de la douleur en fabriquant encore plus de douleur, en l’intériorisant encore plus ; on s’étourdit, c’est-à-dire on se guérit de la douleur en infectant la blessure »

      • Crépuscule des idoles « ce qui ne me tue pas me fortifie » « tout ce qui ne tue pas me rend plus fort »

        • Si nous sommes capables de résister aux pires des maux alors nous renforçons notre puissance d’exister, notre capacité de bonheur, nous devenons plus forts psychologiquement

  • « L’homme tragique » est la voie suivie par Nietzsche

    • Accueillir la vie en vivant jusqu’au bout ce hiatus entre nos désirs et la réalité

      • Assumer le tragique de l’existence

    • Comme les stoïciens « désirer que les choses arrivent comme elles arrivent »

      • Mais pas comme les grecs anciens qui justifiaient et prenaient comme modèle l’ordre et de la bonté du Cosmos (considéré en tant que tout)

        • Pour Nietzsche le monde n’est que chaos

    • Prendre le caractère tragique et insurmontable de l’existence comme un défi permanent

      • Embrasser la vie, un grand « oui » à la Vie => “amor fati” = aimer quoiqu’il arrive, aimer son destin

        • Nietzsche recommande d’embrasser volontairement l’éternel retour des plus grandes souffrances

        • Aimer son existence sans croire en aucun arrière-monde, ni finalité de l’univers ou de la vie
          • C’est l’homme fort capable d’aimer sa vie avec assez d’intensité pour en désirer le recommencement éternel jusque dans les plus terribles moments de souffrance
            • Il y a les plus forts qui parviennent à résorber leurs blessures et à surmonter leurs maladies pour créer à partir de leurs propres lésions un surcroit de vitalité

        • L’éternel retour est une « pensée la plus lourde » qui devrait avoir pour conséquence de fortifier les plus forts et de pousser les plus faibles au désespoir et à l’anéantissement => un eugénisme qui permettrait de métamorphoser l’homme supérieur en surhumain
          • L’éternel retour, nommée transvaluation des valeurs, est le dépassement du nihilisme et conduit alors au surhomme, qui est celui qui approuve entièrement le monde du devenir, son caractère changeant et incertain

        • L’éternel retour, c’est accepter la vie dans son entier avec sa part de peines et de cruautés

          • Pour assumer une existence plus intense et plus légère, déliée des peurs dans la jouissance de l’instant

          • Le surhumain est la figure par excellence qui acquiesce à la vie au point d’en souhaiter l’éternel retour

            • La croyance en l’éternel retour doit être progressivement incorporée en l’être humain comme la croyance en la vie éternelle a été inoculée aux chrétiens

    • La proposition de Nietzsche = ne pas justifier la souffrance (e.g. le christianisme) ni la combattre comme un mal dépassable (les sagesses anciennes)

      • Il fait de Dionysos le dieu païen par excellence, le dieu de l’ivresse, le dieu de la vérité douloureuse, désespérante et mortelle qu’Apollon recouvre de son voile de beauté lénifiant
      • Le tragique de la vie : la souffrance est nécessitée et insurmontable

        • La souffrance fait partie de la vie, elle est partie intégrante du réel

          • Clément Rosset, le « tragique de l’existence » où il y aura toujours la nécessité insurmontable de la vie et de la mort, de la souffrance, de l’amour déçu, de la bassesse humaine, de la solitude, etc.

        • L’« homme tragique » a un défi à relever avec allégresse et sans plaintes : en connaissance de cause, accompagnée d’une connaissance lucide et exigeante du tragique, dire un grand « oui » inconditionnel à la vie : « Amor fati »

          • Le Gai Savoir : « Qu’il s’agisse de n’importe quoi, du mauvais comme du bon temps, de la perte d’un ami, de maladie, de calomnie, de la non-venue d’une lettre, d’un pied foulé, d’un coup d’œil dans un magasin, d’un contre-argument, d’un livre ouvert au hasard, d’un rêve, d’une tromperie : l’événement se révèle aussitôt ou bientôt après comme quelque chose qui ne pouvait pas ne pas se produireil est plein de sens profond et de profit précisément pour nous ! »

            • Le « sens » de la souffrance n’existe que dans le cadre de cette relation subjective, la conscience lucide du tragique – la connaissance du caractère proprement insensé de l’existence – n’empêche pas au contraire un acquiescement, dans une confrontation où chaque avènement, et chaque souffrance en particulier, prendra sens pour nous

    • L’approbation en faveur de l’existence, du caractère indépassable de la dimension tragique, va de pair avec une joie de vivre qui l’emporte sur toute souffrance

      • Ainsi parlait Zarathoustra « La joie est plus profonde que la tristesse »

        • Une joie qui fait aussi la part du tragique en reconnaissant la vulnérabilité de l’être humain, sa souffrance, qui ne fait pas abstraction des pires douleurs et qui en même temps considère qu’il est possible de les dépasser pour accéder à un sentiment de gratitude

      • Nietzsche prône l’affirmation de la vie, une affirmation totale et joyeuse de la vie (c’est-à-dire une affirmation du plaisir et de la souffrance), même dans tout ce qu’elle a de problématique et d’inquiétant, jusque dans ses recoins les plus dangereux
        • L’essence affirmative de la vie qui veut toujours être davantage, et qui acquiesce à la totalité de ce qui est
  • Nietzsche a été malade toute sa vie et il n’a jamais guéri : Il qualifie sa maladie de physico-psychique

    • Nietzsche refuse de séparer ce qui advient dans l’ordre de la psyché et ce qui advient dans l’ordre du corps

      • Pour Nietzsche, le corps est « une grande raison » dont l’esprit n’est que le jouet et où le Soi est le corps multiple (lieu d’une multiplicité de pulsions) et sage

        • Zarathoustra « je suis corps tout entier et rien de plus »

        • La défiance de toute la tradition philosophique et religieuse à l’égard du corps ne serait-elle pas une haine de soi ?

    • Il a constamment médité la gratitude qu’il devait avoir vis à vis de cet état pathologique

    • Nietzsche en appelle à « la Grande santé » qui est la véritable santé qui passe par le moment pathologique

      • Nietzsche se sera inventé dans la pathologie (Schopenhauer et Wagner)

      • La maladie n’est pas l’opposé de la santé (il n’y a pas un dualisme)

        • Être en bonne santé ce n’est pas ne pas ne pas être malade, c’est éprouver la maladie mais être capable de la surmonter en permanence

          • On fait l’épreuve de la maladie et on trouve un chemin nouveau de guérison face à la maladie

      • La Grande santé veut intensifier la vie, l’intensification continuelle de la force vitale au risque de la maladie de la souffrance ou de la mort « le fait d’être malade peut être un stimulant énergétique de la vie »

        • Elle exclut le bien-être comme condition préalable à la bonne vie

        • Prendre le risque  de la maladie pour croître encore

        • La maladie est un instrument de connaissance : elle oblige au repos, au désœuvrement, à l’attente et la patience de la guérison, qui favorise la pensée

        • La volonté de puissance de l’individu Nietzsche est parvenue à assimiler les plus terribles souffrances pour s’accroître encore

      • C’est un acquiescement et pas une fuite

        • Être capable de supporter la fatigue que peut susciter la perspective de l’éternel retour =

    • L’exercice physique qui au départ est fatiguant permet pourtant de renforcer le corps

==================== LEXIQUE =======================

  • hédonisme : le bon et le mauvais résident dans le plaisir et la douleur
  • L’épicurisme : le plus grand bonheur consiste en un état de tranquillité, l’ataraxie (la tranquillité de l’âme)

    • La prévention de la souffrance par l’évitement de la douleur plus que la poursuite du plaisir (la limitation des désirs, principalement ceux qui sont nécessaires et naturels)

  • Le stoïcisme : par l’aide de la raison et de la vertu arriver à l’apathie = une d’indifférence de l’âme au plaisir et à la souffrance

    • La maîtrise de soi devant même les pires douleurs (Épictète)

  • Jeremy Bentham & John Stuart Mill  : l’utilitarisme hédoniste, l’action ou la politique la plus morale est celle qui a pour conséquence « le plus grand bonheur pour le plus grand nombre »

    • Le calcul hédonistique « felicific calculus » qui détermine combien de plaisir ou de douleur résulterait de n’importe quelle action

    • Karl Popper, un utilitarisme négatif, priorité à la réduction de la souffrance sur l’accroissement du bonheur quand il s’agit d’utilité, en arguant qu’il n’y a pas de symétrie morale entre la souffrance et le bonheur, l’une appelant urgemment à l’aide tandis que l’autre n’exige pas avec une telle urgence qu’on améliore le bonheur d’une personne qui va bien de toute façon

    • Plusieurs utilitaristes, depuis Bentham, affirment que le statut moral d’un être tient à sa capacité de ressentir le plaisir et la souffrance: les agents moraux devraient donc tenir compte non seulement des intérêts des êtres humains mais aussi de ceux des animaux. Peter Singer, avec son livre La Libération animale et d’autres écrits, représente l’avant-garde de cette sorte d’utilitarisme

  • karma = la somme des actes passés, l’être spirituel animant temporairement l’être humain se réincarne continuellement et vit de multiples vies successives dans le but de prendre suffisamment conscience de sa nature spirituelle pour devenir capable de se dégager de la roue des naissances et des morts
      • Le mal vécu dans une vie est alors la résultante, la conséquence des actes de vies passées, afin de permettre à l’esprit de l’homme de s’éveiller

=================== CONFERENCES / MOOC / DOCUMENTATION =================

Friedrich Nietzsche >>> https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Nietzsche

Portail Friedrich Nietzsche >>> https://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Friedrich_Nietzsche

Parenthèse Culture 19 – Luc Ferry – Nietzsche >>> https://www.youtube.com/watch?v=OdpEvzTBo_o&t=16s

La Folie de Nietzsche >>> https://www.youtube.com/watch?v=FCfnv99wEfg

Souffrance >>> https://fr.wikipedia.org/wiki/Souffrance

Douleur et souffrance (Isabelle Padovani) >>> https://www.youtube.com/watch?v=kc2shOOs_Uk

POURQUOI NOUS SOUFFRONS >>> https://www.youtube.com/watch?v=jKncShb62cM

Souffrir ou s’ouvrir (Isabelle Padovani) >>> https://www.youtube.com/watch?v=75iyAlSD-T4

Goûter ce qui est : la fin de la souffrance (Isabelle Padovani) >>> https://www.youtube.com/watch?v=IukICLPbBT4

La fatigue (1/4) « La grande fatigue » de Friedrich Nietzsche >>> https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/la-fatigue-14-la-grande-fatigue-de-friedrich-nietzsche-0

La santé (2/4) : Nietzsche, qu’est-ce que la Grande santé ? >>> https://www.franceculture.fr/emissions/les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance/la-sante-24-nietzsche-quest-ce-que-la-grande-sante

Tous des héros ? (4/4) Le surhomme de Nietzsche est-il un héros ? >>> https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/tous-des-heros-44-le-surhomme-de-nietzsche-est-il-un-heros

Nietzsche, Le Gai savoir (1/4) Victoire sur l’hiver ! >>> https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/nietzsche-le-gai-savoir-14-victoire-sur-lhiver

Michel Onfray Nietzsche en quatre questions Livre Audio >>> https://www.youtube.com/watch?v=YEpi3J5DYLs

le duo des chats de Rossini que Nietzsche affectionnait tout particulièrement >>> https://www.youtube.com/watch?v=0Xfygc2xTlE

Nietzsche la souffrance et la vie >>> https://www.youtube.com/watch?v=JqaNla4pKOU

Émission Répliques diffusée le 11 février 1995 : Le concept de Dieu après Auschwitz, avec Paul Ricœur et Catherine Chalier sur France Culture >>> https://www.franceculture.fr/religion-et-spiritualite/le-concept-de-dieu-apres-auschwitz-paul-ricoeur-chez-alain-finkielkraut

SCHOPENHAUER – La métaphysique, l’amour, le sexe >>> https://www.youtube.com/watch?v=4nX0dsV9tkc&t=7s

SOUFFRANCE ETHIQUE ET SOUFFRANCE TRAGIQUE : L’ELABORATION LEVINASSIENNE DE LA CRITIQUE NIETZSCHEENNE DE LA COMPASSION >>> http://www.scielo.br/scielo.php?script=sci_arttext&pid=S0100-512X2016000200379