La liberté : on ne nait pas libre, on le devient

La question de la liberté

– Une question souvent posée dans le cadre de la morale : la question de la responsabilité

  • Si l’homme dépend de quelque chose d’extérieur à lui-même (e.g. les lois de la Nature) alors il n’est pas libre et donc ne peut être tenu responsable de ses actes
    • Il y a des lois de cause à effet dans la Nature : quelle est l’originalité de l’acte humain ? Est-il fatalement déterminé ?
      • Spinoza « l’homme n’est pas un empire dans un empire » => l’homme ne peut pas s’abstraire de certaines lois de la Nature
    • Nietzsche
      • « l’instinct de punir et de juger »
      • « les hommes ont toujours été considérés comme libres pour pouvoir les considérer coupables »

La valeur de la liberté dans le domaine politique et éthique : il vaut mieux être libre que de ne pas l’être

  • La liberté des modernes = la liberté politique, c’est nouveau : liberté de conscience, liberté d’expression,  choix de sa sexualité, choix de son conjoint, émancipation de l’individu des normes sociales dominantes, etc.
Qu'est-ce que la liberté ?

– La liberté s’oppose à

  • contrainte / nécessité : ce qui vient de l’extérieur (il n’existe pas de nécessité intérieure)
  • prédestination : Dieu aurait choisi de toute éternité, dans le secret de la foi, ceux qui seront graciés et auront droit à la vie éternelle
    • Pelage, opposé à St Augustin, soutenait au contraire que l’homme peut être sauvé par sa seule volonté, à force d’efforts la nature humaine peut discerner et atteindre par elle-même le bien => il accorde une faible importance à la grâce et nie l’existence du péché originel
  • destin : enchaînement d’événements fixés par avance

– Être libre = être capable de faire advenir dans le monde une réalité qui n’y était pas contenue de façon latente

  • La liberté suppose une rupture avec un état antérieur du monde (une puissance du sujet de s’affranchir de l’enchaînement causal) et comme telle est incompatible avec le temps
    • Pour Kant, elle échappe aux conditions de l’expérience sensible (les formes a priori de la  sensibilité – l’espace et le temps)
      • on ne peut pas connaître la liberté
        • néanmoins on peut la penser (la raison dans son usage pratique)
  • Le choix : il n’y a pas de liberté sans une capacité de renoncement
    • Choisir c’est renoncer à toutes les possibilités à l’exception d’une seule
      • Il y a un choix entre des possibles (le possible = cela peut être ou ne pas être), le futur n’est pas encore fixé
        • si qu’une seul possibilité d’agir, alors pas de liberté
        • et il faut que cela dépende de nous (= nous sommes la source de notre décision)
  • Une nouveauté radicale : une décision imprévisible, un nouveau départ (e.g. décider de terminer quelque chose avant de sortir de chez moi)
    • Il y a dans l’être humain une faculté de reprendre à zéro sa causalité en rompant par rapport à ce qui l’a formé, faculté capable de rompre les enchaînements de cause à effets naturelles pour initier un nouveau commencement
      • Il y a quelque chose dans les décisions individuelles qui n’est pas préparé par tout ce qui a précédé

– Au sens commun = la liberté c’est faire ce que l’on désire sans rencontrer d’obstacle, l’absence de contrainte et l’indépendance (e.g. le vagabond non assujetti à un ordre social)

  • L’esclave n’est pas libre : il est contraint par un autre
  • Le prisonnier n’est pas libre : il est contraint par la nécessité physique des murs et des barreaux de sa prison
  • Il y a la présence d’Autrui qui nous limite : la liberté est aussi celle des autres
    • « ma liberté s’arrête où commence celle d’autrui » déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789
  • C’est une indépendance de notre volonté qui n’est pas due à une cause extérieure
    • Le libre arbitre = le pouvoir indéterminé de se déterminer soi-même, la faculté qu’a la volonté de se déterminer par elle-même
      • la liberté d’indifférence : Le choix peut être impossible lorsque tous les motifs valent
        • « l’Âne de Buridan » est face à un dilemme, il n’a aucune raison d’aller d’un coté ou de l’autre, choisir entre deux biens identiques et donc indifférents, une équivalence des motifs : rien ne le détermine à préférer l’un à l’autre. Or, la volonté éprouve qu’elle est douée de spontanéité : même en ce cas, elle peut se déterminer à choisir. L’acte ne trouve pas alors son explication dans les motifs, ni par conséquent dans les objets, mais dans le sujet lui-même en tant qu’il est doué d’une capacité à agir arbitrairement
  • Mais prendre conscience des déterminismes inhérents à notre condition humaine afin d’orienter notre action
    • Les conditions sont du nécessaire mais non suffisant : l’histoire d’un être humain, tout ce qui a précédé un événement et sans quoi il n’aurait pas pu avoir lieu (e.g. ma grand-mère a mis au monde mon père sans quoi je n’aurais pas pu exister)
      • Les causes sont suffisantes mais pas forcément nécessaires : ce par quoi l’événement doit être produit, la cause efficiente
    • Sartre, « la facticité » (être ce que je suis, tel que je suis, ici et maintenant) est la condition de la liberté
    • Accepter, accueillir « le destin », c’est-à-dire accepter la nécessité
      • Epictète : d’abord distinguer entre ce qui dépend de nous et ce qui n’en dépend pas et accepter ce qui ne dépend pas de nous
  • Mais dire oui à tout ce que l’on désire peut-être également la manifestation d’un manque de liberté, d’une aliénation, être esclave de ses passions
    • Le sujet est libre dès lors qu’il échappe aux mobiles pulsionnels, aux penchants sensibles, aux pressions psychologiques qui le déterminent sans même qu’il s’en aperçoive => sinon le sujet ne fait pas ce qu’il veut parce qu’il ne veut pas effectivement
      • L’impulsion du seul appétit est esclavage : l’obéissance à la loi que l’on s’est prescrite est liberté (l’autonomie)
        • L’homme gouverné par ses passions n’est pas libre
          • Tout comme l’animal qui est gouverné par ses instincts (une totale servitude à la Nature)
          • Le fou n’est pas libre : il est aliéné par sa déraison => il est irresponsable
  • L’isonomie = l’égalité devant la loi nous rend libre
    • Etre tour à tour sujet et gouvernant (la démocratie directe athénienne) où le citoyen est doulos = membre de la cité à part entière
      • Une liberté avant tout politique : le citoyen est libre car il n’obéit pas à un autre homme mais il n’obéit qu’à la loi (l’éleutéros = l’homme libre)
        • Socrate refuse de s’enfuir de sa prison car ce serait trahir sa cité qui l’a protégé toute sa vie
      • Platon, trop de liberté : un amour insatiable de la liberté fait dégénérer la démocratie en tyrannie
        • L’anarchie et le peuple fait alors appel à un « protecteur », un homme providentiel
  • Avec la loi morale (Rousseau, Kant), le devoir pour le devoir, le sujet porte en lui une puissance de s’affranchir des déterminations empiriques
    • Une morale qui ne se préoccupe pas des conséquences et donc qui nous libère de nos intérêts particuliers

– La liberté est une autonomie (auto – à soi-même + nomos – la loi) = capacité d’autodétermination et Rousseau constate : « l’homme est né libre (dans l’état de nature) et partout il est dans les fers« 

  • La liberté se conquiert par un travail de clarification opéré sur soi
    • Bergson : la liberté comme l’adhésion à soi-même
      • L’homme libre est celui qui est en accord avec lui-même et qui sait ce qu’il veut => La liberté suppose la capacité subjective de se déterminer
    • L’acte libre est celui qui exprime notre personnalité profonde et dans lequel nous pouvons nous reconnaître
      • Nietzsche « Deviens ce que tu es ! » = l’épanouissement vers sa vraie nature
  • La liberté comme prudence = capacité à se déterminer dans le singulier en accord avec les lois universelles
    • Le sujet se détermine : il se représente un but (une fin par arrachement à l’immédiateté) et des moyens
    • La liberté comme contrôle de sa volonté (nous pouvons faire une chose ou ne la pas faire)
      • Opérer le contrôle sur mes jugements = penser avec exigence et rigueur (Descartes, le doute méthodique) => l’empire sur ses volontés, le bon usage du libre arbitre
        • Descartes : la volonté est infinie
          • L’erreur provient de la relation entre l’entendement fini et la volonté infinie >>> s’abstenir de nier ou d’affirmer ce qui n’est pas clair
  • Donner de l’autonomie à l’enfant est le principe par lequel il pourra progresser

– La vérité libère le sujet en lui-même :  une soumission à la chose qui s’impose elle-même et que je n’invente pas

  • « la vérité vous rendra libres » Jean, 8-34
    • L’effacement de l’ego : savoir reconnaître la nécessité de l’énoncé vrai, ce n’est pas moi qui choisit ma vérité
    •  L’assentiment donné à la vérité est un acte libre : le sujet affirme l’énoncé en vertu d’une nécessité
      • La vérité libère de l’illusion de la toute-puissance qui est la vraie servitude
    • Il y a conciliation de l’omniscience de Dieu avec la liberté de l’homme 
      • La connaissance d’un fait contingent ne le rend pas nécessaire pour autant (la connaissance n’altère pas la nature de ce qu’elle connaît)
Les Anciens : les limites tragiques de la liberté 

– L’homme est le jouet de forces qui le meuvent contre son gré  = le destin – le fatum

  • Libre arbitre, intelligence et bonne volonté ne suffisent pas
    •  Les tragédies écrites par Sophocle vers -430 : quelles sont, face aux dieux, les limites de la liberté humaine ?
      • Œdipe n’échappe pas à l’oracle de Delphes : il tua effectivement son père et épousa sa mère
  • La liberté : c’est un arrachement difficile à la fatalité, un arrachement face aux lois de la Nature, face au déterminisme
Socrate & Platon : la liberté comme autonomie en suivant sa raison

– La situation ontologique de l’homme qui est un emprisonnement (« l’allégorie de la caverne », Platon, le livre VII de La République = la prison de l’illusion)

  • On doit conquérir la liberté et éventuellement avec l’aide du philosophe (la philosophie aide à acquérir un discernement)
    • La liberté est liée à la connaissance des Idées
      • « nul ne fait le mal volontairement » = l’intellectualisme socratique

– Il y a 2 types de liberté

  • La mauvaise liberté = faire tout ce qui nous passe par la tête au moment ou cela surgit
    • Le régime démocratique : un excès de libertés, Il n’y a plus de différences entre les personnes (entre parents et les enfants, entre professeurs et élèves, entre hommes et femmes)
      • Chacun agit selon ses désirs  = la tyrannie des désirs => prépare l’avènement d’un régime tyrannique
  • La bonne liberté = l’autonomie (opposée à l’hétéronomie)
    • Des lois que l’on se donne à soi-même par la meilleure partie de l’âme, celle qui est capable de juger (obéissance à sa raison) et aussi une maîtrise de ses passions
      • Choisir en fonction de valeurs

– D’une part, il y a une forte nécessité sur les individus qui sont façonnés par

  • Les dispositions naturelles des âmes en se réincarnant
    • Le mythe d’Er (Platon utilise un mythe quand il raconte par une histoire ce qu’il ne peut dire de façon argumentée, mais ce n’est pas une légende) : blessé et dans le comas sur le champ de bataille, Er s’est réveillé sur le bûcher funéraire. Son âme est allée au séjour des morts et a pu en revenir pour en parler. Il a vu les âmes mortes qui sont triées, celles qui ont bien agi sont récompensées et aussi celles qui reviennent pour se réincarner. Elles peuvent choisir en quoi se réincarner (plante, animal, homme, sexe et condition sociale), mais pas le caractère qui résultera du choix. Leur critère de choix dépendra des souvenir de leurs vies intérieures.
  • Leur milieu sociale et l’éducation qu’ils reçoivent
    • On va donner des habitudes à l’enfant, aucune liberté, des causes sociales, le logos va progressivement se développer et à un certain âge ce logos va briser la continuité de cette causalité extérieure et va pouvoir se débarrasser des habitudes : une brisure par le logos

– Mais d’autre part, il peut y avoir une certaine reprise sur le déterminisme par une liberté de l’instance directrice (la raison)

  • Quelque soit la condition dans laquelle on naît, on peut l’utiliser au mieux ou au plus mal, un choix, une responsabilité
    • l’important c’est ce que l’on en fait (lors de la réincarnation, aussi une responsabilité de préparer sa vie future)
      • Sartre « L’important n’est pas ce qu’on a fait de moi; mais ce que je fais moi-même de ce qu’on a fait de moi« 
  • L’homme libre est « l’homme aristocratique » qui a la parfaite maîtrise de lui-même et n’agit qu’en suivant sa raison
Épicure & Lucrèce : une liberté dans l’être des choses 

« Quand on se suffit à soi-même, on arrive à posséder le bien inestimable qu’est la liberté »

– Libérer les hommes de la superstition et des croyances, préjugés qui les rendent malheureux => libérer des peurs, la paix de l’âme (l’ataraxie)

  • Ne plus penser au passé (les regrets) ni à l’avenir (l’espoir) mais vivre pleinement le présent : « carpe diem« 

– Se libérer des excès : une juste mesure dans les plaisirs et même un ascétisme (les désirs nécessaires et les désirs non nécessaires)

– Épicure reprend la théorie atomiste de Démocrite

  • L’univers est infini dans le temps et dans l’espace, composé de vide et d’atomes en nombre infini, invisibles et insécables (a-tomos), c’est la plus petit unité de matière qui composent les corps
    • Les atomes se meuvent dans tous les sens, ce mouvement est la résultante de 2 principes : ils ont un certain poids alors il tombent de haut en bas dans le vide et lorsqu’ils se rencontrent ils s’entrechoquent dans tous les sens
      • Ils forment des corps plus grands selon la forme qu’ils ont, ils s’accrochent les uns aux autres ou se repoussent
    • L’être humain (son corps et son âme) est composé d’atomes
      • La pensée est faite d’atomes : tout est matériel
      • Si les atomes tombent de haut en bas et qu’ils tombent tous à la même vitesse (dans le vide) alors ils ne vont jamais se rencontrer … jamais d’agrégats… donc ils doivent un tout petit peu dévier par rapport à la verticale : le clinamen, une nécessité physique pour qu’il y ait rencontre
        • C’est parce qu’il y a la déclinaison des atome qu’il y a aussi une 3ème cause de mouvement dans le monde = la volonté 
          • Problèmes de la solution de Lucrèce : d’où vient le clinamen ?
            • Comment on passe de cette déviation atomiste, les atomes n’ont pas de volonté et la propriété des animaux d’avoir une volonté ?
          • L’indétermination quantique (il n’y a pas de lieu précis ni de vitesse précise des particules) pourrait être un principe de l’indétermination de nos actes ?
            • Mais ce n’est pas la même indétermination
              • l’indétermination quantique = on ne peut pas choisir entre les positions possibles (les possibles sont compossibles, une distribution probable), alors que nous quand on fait un acte libre, la décision est précise en un moment possible, le choix d’un possible qui élimine les autres…
Les stoïciens : une liberté intérieure

– Les cités grecques abandonnent leur indépendance => passage de la liberté de la sphère publique à la sphère privée

  • Le domaine de la liberté devient l’intériorité
    • La recherche de la paix intérieure, l’ataraxie (la paix de l’âme)
      • Un détachement, une force d’âme : rentrer en soi-même, se couper du monde et de la tyrannie des choses en nous (le corps, les biens, la renommé, le pouvoir, la famille, les amis)
        • Ecarter les désirs insatiables
        • Ne plus craindre les dieux ni avoir peur de la mort
        • Une indifférence à l’égard de ce qui advient :  une indifférence au hasard 
        • Ne plus se préoccuper de l’avenir (il n’existe plus) et du futur (il n’existe pas encore)
    • Acquérir une liberté intérieure par la maîtrise de la raison, par le travail de la réflexion et l’acquisition de la sagesse
      • Chez les êtres humains il y a quelque chose qui peut venir s’opposer aux impressions extérieures : la facilité directrice (la raison) qui va donner ou non son assentiment
        • Une place pour la délibération, peser le pour et le contre, des lois morales et politiques qui empêchent
      • La liberté réside en soi-même
        • Se détacher des choses extérieures qui nous tiennent en esclavage
        • Se concentrer sur son intériorité
  • La liberté c’est « amor fati », aimer son destin et obéir aux dieux
    • « Ne demande point que les choses arrivent comme tu le désires, mais désire que les choses arrivent comme elles arrivent »
  • Être maître de soi
    • Pour un sage il vaut mieux être esclave de quelqu’un d’autre que de ne pas être libre intérieurement
    • On ne naît pas libre, on le devient par un travail sur soi (le conditionnement de nos pulsion, l’ego nous pousse vers les satisfactions immédiates)
      •  Se libérer de l’esclavage vis-à-vis de ses passions par un travail de connaissance
      • être lucide sur qui nous sommes
      • la maïeutique socratique, faire sauter les préjuger, un travail d’introspection
    • Le rôle de l’éducation et de la vie en communauté pour nous libérer de la tyrannies des instincts par substitution de lois sociales aux lois de la nature :
      • c’est la culture : faire taire la nature en nous qui permet d’accéder à la liberté
    • L’individuation : mener ce chemin pour se réaliser en profondeur, une réalisation de tout l’être
      • Quand on se marginalise trop on dérange (Socrate, Jésus) : une exigence de vérité profonde amène à se séparer du groupe
  • Les exercice spirituels pour nous dominer afin de devenir vertueux
    • L’esprit qui doit gouverner le corps afin d’être libre intérieurement (le cocher qui doit gouverner l’attelage, et pas les chevaux qui gouvernent)
  • Épictète, la liberté métaphysique 
    • La liberté est celle de la pensée et face à elle le tyran est sans pouvoir
      • « les choses qui dépendent de nous et celles qui ne dépendent pas de nous »
        • Il distingue ce qui dépend de nous : relève de la vie subjective (les opinions, les désirs, les aversions)
          • Prendre en charge les réalités qui dépendent de nous : mon pouvoir est souverain sur ce qui m’appartient en propre, mes pensées, mes désirs, mes volontés
          • Personne ne peut vouloir, imaginer, se souvenir, penser à ma place => des opérations subjectives libres, j’ai toujours ultimement le dernier mot
        • et ce qui ne dépend pas de nous (e.g. le passé, l’opinion des gens)  et qui n’est pas dans le champ de la liberté
          • Apprendre à ne pas être affecté de ce qui ne dépend pas de nous : accepter librement le réel au lieu de le subir et même l’accueillir
          • Cultiver l’indifférence sur les réalités qui échappent par essence sur notre pouvoir : si je veux ce que je ne peux pas alors il est certain que je me condamne à souffrir du manque de liberté, mais ce manque tient à une erreur d’appréciation du possible
      • Notre regard sur le réel le transforme
        • voir le positif qui est derrière la maladie, la crise = une nécessité de choisir
          • Accepter la crise comme occasion de croissance
Le libre arbitre chrétien : la capacité de choisir entre le bien et le mal 

– La réponse chrétienne : le mal vient du libre arbitre humain (le choix libre de la volonté), la volonté ayant le choix de se porter vers ce qu’elle veut

  • A partir de St Augustin, le problème du mal : Dieu étant tout bon il n’a pu produire le mal mais étant aussi tout puissance il ne peut y avoir un principe de mal aussi fort que lui => « unde malum » d’où vient le mal ?
    • « libre arbitre » est un concept introduit par St Augustin = le choix libre de la volonté, le libre jugement de la volonté « liberium arbitrium voulunntatis » apparu dans la question de l’origine du mal et de la grâce
      • La preuve du libre arbitre donné par Dieu, c’est que les Écritures sont pleines de préceptes et l’homme a le choix de les suivre ou pas
      • Dieu ne peut pas avoir inventé le mal, car sinon il ne serait pas bon et le mal ne peut être un principe aussi puissance que Dieu car sinon une théorie manichéiste
        • Le mal a été attribué à l’homme créé libre par Dieu
          • Dieu ne pouvait contraindre l’homme à agir bien
            • L’homme est à l’image de Dieu qui lui-même est libre
          • Le mal a pour origine le libre arbitre
            • Le mal est un désordre de la volonté qui préfère un bien inférieur à son bien véritable
              • Plotin : le mal n’est qu’un éloignement du bien (seul le bien existe, a de l’être), pas de mal positif, pas d’entité mauvaise, le mal est du non-être, moins difficile de lutter contre comme si c’était une force positive

– Depuis le péché originel la nature humaine est corrompuesa volonté n’est plus capable de le porter vers le bien (il y a maintenant quelque chose d’incontrôlable, e.g. le sexe) et l’homme est un être de chair et la chair est faible

  • L’homme ne peut pas accomplir le bien sans le secours de la grâce de Dieu
    • La grâce (être sauvé après la mort) vient modifier de l’intérieur la volonté pour qu’elle vienne se porter vers de bons objets
      • La querelle de la grâce : Dieu accorde la grâce en fonction des actions ou bien alors de façon arbitraire indépendante de ce que font les personnes ?
        • Pelage : la nature humaine n’est pas si corrompue, l’homme peut faire le bien et la grâce n’est que le pardon de Dieu
          • Luther : la grâce est donnée selon le bon vouloir de Dieu (pas en fonction des mérites) et on ne sait pas si on l’a ou pas
Étienne de La Boétie : soyez résolus de ne plus servir

– Alors que les animaux se débattent quand on les capture, Il constate l’abandon de la liberté par le plus grand nombre d’hommes au profit de quelques-uns sans que la relation de force l’explique => l’homme se rend esclave par lui-même

  • L’homme est complice de sa propre capture => la servitude défendue par ceux-là mêmes qui en sont victimes
    • Dans une monarchie, le peuple renonce à ses libertés au profit d’un homme seul dont le pouvoir n’existe que par la soumission de ses sujets pourtant bien supérieurs en nombre et en force
      • La facilité : l’homme est paresseux, il préfère sa commodité à l’effort de se gouverner soi-même => l’habitude devient une seconde nature

« Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres », Discours de la servitude volontaire
Il y aura le XVIIIe, le siècle des Lumières
La réappropriation de la liberté => la sortie de la servitude volontaire
la sortie de l’homme de sa minorité dont il est lui-même responsable (Kant)
la prise de conscience de la possibilité de penser par soi-même

Descartes : une liberté totale par la volonté

– L’expression la plus radicale de la liberté dans l’acte de douter, une logique de libération de l’erreur : ne tenir comme vrai que ce qui est absolument certain et identifiable comme tel

  • Ne rien accepter qui enveloppe une quelconque obscurité => je n’affirme rien sans le vouloir parce que l’affirmation ou la négation sont des actes de la volonté
    • Il faut un effort considérable pour revenir sur ses propres représentations, pour se libérer de ses illusions et préjugés
      • L’hypothèse d’un malin génie qui emploierait toute son industrie à me tromper : aussi puissant soit-il, il ne pourra jamais me faire croire que je n’existe pas

– La volonté (qui est infinie, illimitée quant aux objets qu’elle peut viser mais aussi qu’elle n’est pas inscrite dans une chaîne causale) est une liberté primordiale fondée sur le « je pense »

  • La volonté ne dépend que du sujet et aucune force ne le contraint à vouloir 

« La liberté de notre volonté se connaît sans preuve, par la seule expérience que nous en avons »

Spinoza : une liberté qui est celle de l'intelligence mais pas de la volonté

– Seul Dieu est libre parce qu’il est cause de soi, il n’est déterminé que par sa propre nature

  • Il n’a pas le libre arbitre car ce qu’il fait n’est pas arbitraire : étant donné sa nature il ne peut pas agir n’importe comment
    • « J’appelle libre cette chose qui agit par la seule nécessité de sa nature »
      • La liberté n’est accordée qu’à la substance (Dieu) et tous les modes (e.g. les hommes) sont déterminés à agir par la substance

Se libérer de l’illusion du libre arbitre

  • L’homme est une partie de la substance infinie et donc obéit à des lois nécessaires (nécessaire = ce qui ne peut pas ne pas être versu contingent = ce qui peut ne pas être ou être autrement) : un déterminisme, les mêmes causes produisent les mêmes effets
    • « L’homme n’est pas un empire dans un empire »
      • L’homme n’est pas plus libre que la pierre qui roule >>> impossibilité pour l’homme de s’extraire du système de la nature, il est soumis à ses lois => un déterminisme externe
        • Le libre arbitre est une totale illusion (c’est une « libre nécessité ») qui vient de ce que l’homme a conscience de ses actions mais non des causes qui le déterminent à agir
      • les hommes se croient libres car ils sont conscients de leurs actions mais ignorants des causes par où ils sont déterminés
        • Une causalité mécaniste, le sentiment de liberté de l’homme résulte du fait qu’il n’a connaissance que des causes immédiates des événements rencontrés
    • Cependant, l’homme dispose bien d’une liberté dans la mesure où il comprend avec sa raison qu’il est partie prenante d’un Tout (la Nature = Dieu) => une libération = passer de la passivité à l’activité
      • La liberté ne consiste pas à nier la contrainte (« l’homme est un empire dans un empire ») mais à la convertir en une nécessité comprise
        • La liberté est la compréhension de la nécessité (pas une remise en cause de la nécessité de l’enchaînement causal), un changement du rapport de la conscience aux événements
          • Est donc libre celui qui sait qu’il n’a pas de libre arbitre, qui sait qu’il est déterminé, et qu’il agit par la seule nécessité de sa nature  contraint par des causes extérieures qui causent en lui des passions
            • On est libre si on agit en étant totalement soi-même
              • Je veux ce que je veux parce que je suis ce que je suis
              • Un amour des choses tel quelles sont (amor fati)

« L’homme raisonnable est plus libre dans la cité où il vit sous la loi commune que dans la solitude où il n’obéit qu’à lui-même » Baruch Spinoza, Ethique

Pascal

Nous ne sommes pas libres de ne pas rechercher le bonheur

  • « Tous les hommes recherchent d’être heureux. C’est le motif de toutes les actions de tous les hommes. Jusqu’à ceux qui vont se pendre »
Montesquieu

« la liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent »

Thomas Hobbes

« On ne trouve enfin hors de la société civile que l’empire des passions, la guerre, la crainte, la pauvreté, la laideur, la solitude, la barbarie, l’ignorance et la férocité ; dans une société civile, on voit, sous l’empire de la raison, régner la paix, la sécurité, l’abondance, la beauté, la sociabilité, la politesse, le savoir et la bienveillance » Le Citoyen

Rousseau

« La liberté consiste moins à faire sa volonté qu’à n’être pas soumis à celle d’autrui ; elle consiste encore à ne pas soumettre la volonté d’autrui à la nôtre »

– Le passage – qui se fait par un contrat – de la liberté naturelle (un « état de nature » = sans limite, faire tout ce que l’on désire, les instincts et seule la force est la limite, tout n’est que violence et chaos) à la liberté civile (légiférée par des lois, la paix est possible entre tous parce que limitée par les lois, la raison : l’intérêt général prime sur l’intérêt particulier)

  • Une perte car les hommes ne peuvent plus faire tout ce qu’ils désirent mais aussi un gain car ils ont développé leurs facultés intellectuelles et principalement la raison
    • Les lois limitent la liberté individuelle, elles constituent une entrave extérieure à l’action individuelle
      • Nous serions plus libres à l’état de nature qu’à l’état social
        • la liberté culminerait dans l’anarchie « La liberté ou la mort ! »

– Les lois sont la condition de la liberté collective et organisent l’action entre les hommes

  • La loi m’interdit de nuire à autrui (et limite ainsi ma liberté), elle interdit aussi à autrui de me nuire 
    • Ce que je perds en liberté est gagnée en sécurité (la liberté de chacun s’arrête là où commence celle d’autrui)
      • La sécurité est une condition de la liberté
        • La liberté d’entreprendre est rendue possible par la loi qui assure le respect des contrats
          • « La nature commande à tout animal, et la bête obéit. L’homme éprouve la même impression, mais il se reconnaît libre d’acquiescer, ou de résister. » Discours sur l’origine de l’inégalité
      • Il n’y a pas de liberté sans loi car la liberté de tous serait contradictoire = les désirs universalisés s’annuleraient
        • Limiter l’extension de la liberté pour garantir son exercice

La liberté morale qui seule rend l’homme vraiment maître de lui

  • L’impulsion du seul appétit est esclavage, et l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté  (l’autonomie)

– L’autonomie politique est incarnée par la figure du citoyen pour être libres ensemble

  • Abandon de l’indépendance naturelle pour se soumettre volontairement à des lois qui sont, au moins idéalement, les mêmes pour tous
Kant : l'existence de la liberté du fait de la loi morale en nous

– Nous ne connaissons pas les choses telles qu’elles sont en elles-mêmes (chose en-soi) mais seulement telles qu’elles nous apparaissent (les phénomènes, nous ne pouvons appréhender les objets que sous les formes de l’espace et du temps) => notre connaissance est limitée à l’expérience possible

  • Métaphysiques sont les objets méta-empiriques ou suprasensibles et le discours sur ces objets n’est pas une connaissance
    • La liberté (puissance du sujet de s’affranchir de l’enchaînement causal) est un objet métaphysique 

– Pour connaître son devoir, l’homme dispose d’une loi morale dictée par la raison = l’impératif catégorique qui oblige à agir par devoir indépendamment des conséquence pour son propre bonheur

  • « l’idée commune du devoir et de la loi morale » pour Kant c’est une évidence que tout le monde à une idée du devoir et de la loi morale => on a la loi morale en nous
    • l’obéissance à la loi morale qui s’exprime impérativement dans la conscience du sujet pratique
    • La morale pour Kant n’est pas fondée sur de l’empirique (qui n’atteint pas la nécessité), e.g. la nature humaine, ni sur la psychologie (e.g. volonté vs les désirs), mais sur l’obligation (le respect du devoir en tant que devoir) = une nécessité absolue, une évidence, inconditionnel = la loi morale n’est pas conditionnée, ne dépend pas d’une condition (si on veut que l’espèce humaine survive alors …, si on veut que les hommes vivent ensemble alors …), une morale qui est sa propre fin, le devoir pour le devoir lui-même, le respect de l’obligation pour le respect, pas pour le plaisir, une morale qui ne repose pas sur la sympathie envers ses semblables (venir en aide à celui qui est dans la souffrance)
      • Pour Kant c’est présomptueux de compter sur nos tendances naturelles (la sympathie envers ses semblables) qui seraient suffisantes pour agir bien (la nature corrompue de l’homme…)
    • La morale = le respect du devoir = une obligation morale = absolue (universelle) = inconditionnelle (sans condition, e.g. pas en fonction d’un certain plaisir) qui est sont propre but = le devoir pour le devoir => « l’impératif catégorique »
    • La raison nous impose avec nécessité la loi morale, donnée immédiatement, c’est « un fait de la raison », s’oppose à une déduction, ne résulte d’aucun élément antérieur ou extérieure de la raison
    • L’homme peut se déterminer d’après une valeur absolue : la loi morale est absolument indépendante des circonstances et des intérêts, l’homme doit dépasser le domaine sensible, un absolu qui doit triompher de l’intérêt relatif (e.g. Antigone n’exige pas une sépulture pour Polynice par intérêt, elle a « le sens du devoir »)
      • La loi morale (l’idée du devoir) est ce par quoi nous pouvons nous connaître comme libres, la liberté s’impose d’elle-même au moment où le sujet découvre en lui l’exigence inconditionnée : il découvre qu’il peut échapper à l’enchaînement mécanique des causes et des effets
      • La liberté est la raison d’être (ratio essendi) de la loi morale : la loi morale est le principe de connaissance (ratio cognoscendi) de la liberté

La loi morale en moi me rend libre : elle me permet d’être totalement indépendant du monde dans mes choix et de m’appuyer que sur la loi pure et la raison = la véritable autonomie => dans mes choix je ne dépends de rien d’autre que ce que je dois vouloir

  • La liberté = l’indépendance à l’égard de nos instincts, la condition de possibilité de l’action morale
    • Exemple : si je trouve un portefeuille dans la rue, j’ai le devoir moral de le rendre. Or pour cela, il faut que j’aie la liberté de m’opposer à mes désirs, en l’occurrence à mon désir égoïste de garder l’argent pour moi

« Tu dois donc tu peux » : nous ne sentirions pas en nous le devoir de faire une chose, si nous n’avions pas la possibilité de faire cette chose

  • Par la connaissance on a d’abord la loi morale et de là on remonte à la connaissance de la liberté comme une nécessité (si il n’y avait pas de liberté alors il n’y aurait pas de loi morale car on ne serait pas indépendant de toutes les sollicitations de l’extérieur et de la sensibilité)
    • On ne suit pas sa sensibilité, mais bien plutôt un devoir dicté par la raison, suivre une loi morale (autonomie) totalement indépendante de nos buts particuliers ou des circonstances extérieures (hétéronomie)
    • La liberté, contraire au sens commun (la possibilité d’assouvir ses désirs), n’est possible que dans l’autonomie, l’obéissance à la loi morale issue de la raison qui assure notre indépendance à l’égard de tout motif extérieur et pathologique
    • Ontologiquement : la loi morale dépend de la liberté (si pas de liberté alors il n’y aurait pas de loi morale car on ne serait pas indépendant de toutes les sollicitations de l’extérieur et de la sensibilité)
    • Le sens transcendantal de la liberté : elle est condition de possibilité d’une action morale
      • La loi morale ne peut exister que si il y a la liberté qui est faculté de s’opposer à toutes nos tendances naturelles, capable de rompre les enchaînements de cause à effets naturelles pour initier un nouveau commencement => Pour qu’il y ait une loi morale, il faut qu’il y ait une faculté qui nous coupe complètement de nos sens et de nos tendances naturelles = c’est le rôle de la liberté => la fondation de la liberté est l’évidence d’une loi morale en nous
        • La liberté est une condition de possibilité indispensable pour rendre compte de la loi morale (la liberté dans le sens transcendantal = condition de possibilité d’une action morale)
        • La réalité de la liberté est manifestée, révélée par la loi morale, prouve le fait de la loi morale 
        • La liberté est aussi appelé par Kant « autonomie » (capacité de se donner à soi-même ses propres lois) mais ne veut pas dire que chacun est son propre juge de ce qu’il doit ou pas faire, ce n’est pas un choix ni une évaluation individuelle, mais au sens que c’est la raison qui se donne à elle-même sa loi, mais cette loi est absolue, formelle et inconditionnelle, la loi s’impose d’elle-même à la raison

« on peut appeler la conscience de cette loi fondamentale un fait de la raison »

  • La loi à laquelle je me soumets (sous la forme d’un impératif catégorique) ne m’est pas imposée de l’extérieur, mais vient de ma propre conscience : je suis libre lorsque j’obéis au commandement moral parce que c’est moi-même qui me le prescrits
    • La liberté s’oppose à toutes nos tendances naturelles et elle est indispensable pour la loi morale 
      • c’est une faculté de résistance à toutes nos tendances
      • Etre libre = agir relativement à une loi que l’on s’est donné soi-même à partir de l’usage de la raison, de façon impérative et non selon les lois de la nature et de sa petite sensibilité
        • L’action est libre lorsque la conscience se détermine “contre” les désirs sensibles, en fonction d’un principe rationnel.
        • l’action est libre car pas déterminée par un désir
          • « le mal radical » la tendance de l’homme à désobéir à la loi morale en subordonnant son devoir à la satisfaction des son désir égoïste
Freud

– Conteste la souveraineté du sujet, pas de liberté comme autodétermination du sujet, il y a un « déterminisme psychique » : la représentation et les actes conscients sont produits par des causes inconscientes et n’ont aucune autonomie

  • Le sujet n’est pas en mesure de se connaître soi-même : la psychanalyse qui cherche à identifier le contenu psychique inconscient est une tache sans fin
André Gide : le libre arbitre, la liberté comme acte gratuit

– L’acte de Lafcadio dans Les Caves du Vatican (précipite sans raison un voyageur par la portière d’un train) n’est pas un acte gratuit (motivé par rien, désintéressé, né de soi, sans but, l’acte libre) car il est accompli dans l’intention de montrer la possibilité d’un acte gratuit

  • L’acte gratuit constitue une sorte de défi à Dieu et à l’ordre du monde, qu’il bouleverse de façon à la fois absurde et imprévisible
Sartre

– L’existentialisme = l’homme est créateur de sa propre existence « L’existence précède l’essence » => L’homme n’est pas originellement déterminé, on retire l’idée de Dieu et celle du concept pour définir l’homme. Dès lors, il y a

  1. l’existence
    1. puis l’essence : l’homme existe et exister signifie qu’il est le propre créateur de son existence : l’homme est et devient ce qu’il fait de lui, c’est-à-dire qu’il devient les actes qu’il accomplis et qu’il a choisis librement puisqu’il n’est déterminé par aucune nature
  • Pour Sartre, l’essence c’est ce qu’il aura développé par ses actes durant son existence, c’est-à-dire ce qu’il est devenu progressivement (e.g. courageux), il l’a construit (sa personnalité) durant son existence en faisant certain choix et pas d’autres. Il va opposer
    • L’en-soi : le mode d’être de l’inerte qui n’est pas réflexif, les étants qui n’ont pas de réflexivité (e.g. les objets). L’en-soi est l’être du phénomène mais qui nous est accessible, on peut le comprendre. Il est « transphénoménal » car extérieur à la conscience, car l’objet est autre chose qu’une apparition pour nous. L’en-soi se contente d’être et c’est ce qui dans La nausée provoque une répulsion 
      • au pour-soi : l’être qui a une réflexivité, l’objet qui peut s’interroger sur son propre être, se prendre pour objet, un retour sur soi

« Si, en effet, l’existence précède l’essence, on ne pourra jamais expliquer par référence à une nature humaine donnée et figée ; autrement dit, il n’y a pas de déterminisme, l’homme est libre, l’homme est liberté. Si, d’autre part, Dieu n’existe pas, nous ne trouvons pas en face de nous des valeurs ou des ordres qui légitimeront notre conduite. Ainsi nous n’avons ni derrière nous, ni devant nous, dans le domaine lumineux des valeurs, des justifications ou des excuses. Nous sommes seuls, sans excuses. C’est ce que j’exprimerai en disant que l’homme est condamné à être libre. Condamné, parce qu’il ne s’est pas créé lui-même, et cependant libre, parce qu’une fois jeté dans le monde, il est responsable de tout ce qu’il fait » Jean-Paul Sartre (1905-1980), L’Existentialisme est un humanisme (1946)

« Nous dirons donc que, pour le coupe-papier, l’essence — c’est-à-dire l’ensemble des recettes et des qualités qui permettent de le produire et de le définir — précède l’existence ; et ainsi la présence, en face de moi, de tel coupe-papier ou de tel livre est déterminée. Nous avons donc là une vision technique du monde, dans laquelle on peut dire que la production précède l’existence. […] Nous voulons dire que l’homme existe d’abord, c’est-à-dire que l’homme est d’abord ce qui se jette vers un avenir, et ce qui est conscient de se projeter dans l’avenir. L’homme est d’abord un projet qui se vit subjectivement, au lieu d’être une mousse, une pourriture ou un chou-fleur ; rien n’existe préalablement à ce projet ; rien n’est au ciel intelligible, et l’homme sera d’abord ce qu’il aura projeté d’être.« 

  • Il n’existe pas de nature humaine, ni de Dieu, ni d’inconscient, ni aucune excuse de la sorte qui nous permettrait de nous défausser de notre liberté et de notre responsabilité fondamentales
    • Le mythe de Prométhée dans Protagoras de Platon : à l’inverse des autres êtres vivants, l’homme n’est rien de déterminé a priori (Sartre : il est « néant »), il est absence de dons, le seul en ce monde qui soit libre d’inventer son futur
      • L’imprévoyance d’Épiméthée : il ne reste plus de qualités à distribuer à l’homme
      • Cette déficience naturelle se transforme en avantage : l’indétermination originelle va provoquer le progrès historique de l’homme
        •  c’est parce qu’il est néant que c’est le seul être vivant capable de construire son histoire, de façonner son destin, d’inventer des visions du monde
        • Pic de la Mirandole compare l’homme à un caméléon
          • L’homme est absolument libre de se créer lui-même : il n’est pas ce qu’il est mais ce qu’il fait
      • L’individu n’est pas déterminé d’après un sens qui d’avance le définirait en le « chosifiant »
        • L’homme est un être qui opère continuellement des choix : il est absolument libre et il est donc absolument responsable de ses actes, de ses choix, de ce qu’il est face à lui-même et face à autrui
        • La nature humaine n’existe pas car l’homme n’est rien d’autre que la somme des ses actes
          • « l’existence précède l’essence » La proposition fondamentale de l’existentialisme dans L’Être et le Néant => c’est parce que l’être humain agit d’une certaine manière qu’il est quelque chose
          • L’individu n’a pas d’abord une essence qui lui est donnée (il n’est rien de déterminé au départ) et en fonction de cela découlerait ses actions, il n’y a pas d’essence de l’homme, il n’est jamais identique à lui-même
            • L’inverse de la philosophie de Platon (l’Idée de l’Homme) et de la théologie chrétiennel’essence précède l’existence
              • Dieu a d’abord une idée, c’est « un artisan supérieur », il a un concept de l’Homme dans son entendement et ensuite par sa volonté il fait exister les hommes => il y a une idée de la finalité de l’homme ainsi une morale associée
          • Au contraire des objets (e.g. le coupe papier) et des animaux où l’essence (ce qu’on appelle l’instinct naturel propre à une espèce) précède l’existence : il ont une finalité, les choses sont ce qu’elles sont
          • Mais l’individu en tant que conscience est toujours au-delà de son passé, donc de ce qu’il est. Ce qu’il est n’est pas juste le résultat mais en même temps il est plus que cela, car toujours un projet en même temps=> Une critique du déterminisme : l’être humain est libre de choisir ses valeurs, ses engagements, pas de morale préformée dès l’origine
          • Sartre s’oppose aussi au déterminisme marxisme (pas de déterminisme social) ;,n
    • On agit d’abord et ensuite on est le résultat de ce qu’on a agit
      • L’essence est l’être de l’individu, c’est ce qu’il aura développé par ses actes durant son existence, c’est-à-dire ce qu’il est devenu progressivement (e.g. courageux), il l’a construit (sa personnalité) durant son existence en faisant certain choix et pas d’autres
        • L’essence de l’homme n’apparaît qu’à sa mort (« L’être humain est la somme de ses acte»)
    • Le questionnement de son propre être : l’être humain est le seul être qui se questionne sur son propre être (et aussi sur son être en général pour Heidegger)
      • Chez les autres animaux pas cette nécessité de se projeter dans quelque chose
        • L’homme est le seul être qui n’est pas poussé par une nécessité physiologique à faire ce qu’il fait comme les animaux.
      • L’être humain questionne son propre être parce qu’il a à être quelque chose dont il ne sait pas comment il doit être : chaque individu doit choisir sa manière propre d’assurer son existence (avec toute une séries d’influences sociales)
      • L’homme est tout le temps relancé à se réaliser, il a à faire son existence, pas juste dans le domaine de la survie, du plaisir : le projet fondamental de soi que chaque individu fait.
        • Un projet qui nous accompagne toute notre vie et le fait de dépasser constamment son passé
        • Se projeter dans le futur est la condition très importante comme avancée vers la liberté, on n’est pas juste poussé par le passé, une projection de la conscience vers l’avenir, vers quelque chose qui n’existe pas encore, qui n’existe que dans notre représentation.
          • Le manque est un ingrédient de la liberté. Des manques qui ne sont pas que physiologiques : « il manque un quartier à la lune pour qu’elle soit pleine », il ne manque rien à la lune, c’est par rapport au fait que nous projetons une lune pleine, donc sans notre conscience cognitive l’image de la lune ne manque de rien.
          • L’exemple pratique : le manque dans le domaine de la politique, l’enjeu est que le manque ne vient pas du passé ou de la situation présente qui nous pousserait à faire qque chose, mais ce manque doit venir nécessairement d’une projection vers l’avenir et pas commandé par le passé ou le présent, pas un enchaînement

– La liberté est une condition d’une véritable action qui soit position de fin, d’un projet qui n’existe pas encore, éclairage de la situation présente à partir de cette négation (invente un non-être pas encore là) et ensuite négation du présent pour atteindre cet état pensé et désirable

  • C‘est dans la négativité de toute conscience intentionnelle que se trouve la liberté
    • Nous sommes en situation , il y a une condition humaine (e.g. la biologie, Je nais homme ou femme, prolétaire ou bourgeois)
      • Ce n’est pas forcément une détermination (e.g. je nais femme mais je ne suis pas obligé d’avoir des enfants)
      • Il n’y a pas de nature humaine (absurde de dire que « l’homme est un loup pour l’homme », l’homme n’est ni bon ni mauvais par nature), pas d’essence de l’homme
        • l‘antiracisme, l’anti-sexisme ne sont pas pensable, pas de race possible, pas d’essence, S.de Beauvoir « les femmes sont des hommes comme les autres »
        • pas de catégories sociales déterminantes, Marx « l’être social détermine la conscience de l’homme »), la classe ne joue pas le rôle d’une essence (opposé à la sociologie de Bourdieu)
    • Le choix fondamental de la personnalité elle-même est spontané et pas volontaire (pas une délibération, peser entre des possibles).
    • Chaque individu est parfaitement responsable de ce qu’il fait de lui-même
      • L’angoisse est un des révélateur de la liberté : c’est l’inquiétude de ce qu’on va faire, incapacité de prévoir ce qu’on allait être plus tard, du fait de cette indétermination de ce qu’on va devenir. C’est cette conscience qu’on a d’être responsable non seulement de nos actions mais aussi de l’humanité (on est un modèle pour les autres et nos actes ont une incidence sur les autres), est-ce que je vais être à la hauteur ?
        • Rousseau, la perfectibilité de l’homme alors que l’animal est complètement englué dans ses instincts naturels « comment vieillir sans redevenir imbécile ? » sans redevenir une chose, comment ne pas s’emprisonner dans son rôle
      • Le concept de délaissement (Heidegger), nous sommes livrés à nous-même, chaque individu doit déterminer ce qui est le bien et le mal, pas de Dieu, une attitude difficile, mais doit être vu comme qque chose de plutôt optimiste :  « l’homme n’est rien d’autre que l’ensemble de ses actes » on est libéré du destin, de la fatalité. Il n’y a pas d’entrave, il n’y a que des décisions, des volontés à réaliser.
    • « nous sommes condamnés à être libres »

      • Parce que l’homme est doué de conscience, il ne peut pas ne pas choisir, rien ne s’impose à lui (dans les situations les plus contraignantes subsiste toujours le choix du sens que l’on donne à la situation)

      • Souffrir d’un manque de liberté est le propre d’un être essentiellement libre

      • « La mauvaise foi » = est un mensonge à soi-même, se faire croire à soi-même que l’on n’est pas libre, faire semblant, faire comme si on avait une essence qui précède l’existence, nier sa liberté humaine => c’est une manière de se voiler cette liberté en s’enfermant dans une essence (« l’inauthenticité »)
        • Le « pour-soi » peut bien être facilement tenté par la mauvaise foi (l’inauthenticité) niant toute responsabilité
          • « Je n’y suis pour rien », « c’est la faute des autres », « c’est à cause de telle ou telle passion qui s’est emparée de moi et à laquelle je n’ai pu résister », voire parce que Dieu ou « le destin » l’a voulu… Je suis tel type de personne, j’ai tel caractère je ne changerai pas, jouer tel rôle social, jouer la femme enfant, se définir entièrement par une activité => la réification en m’identifiant à une essence, je perds cette transcendance, cet excès
          • L’exemple dans L’Être et le Néant du garçon de café qui va jouer parfaitement son rôle, il s’efforce de nier sa liberté : « il joue à être un garçon de café »
          • Le refus de voir que l’on peut être autre chose : pourquoi cette tentation du déterminisme ?
      • Le plein de l’en-soi, une métaphore par opposition de la rupture que fait toujours le pour-soi (je ne suis pas cela)
      • Celui qui reste dans l’authenticité (le refus de la mauvaise foi) versus celui qui accepte la réification = le lâche ou le salaud (veut monter que son existence est nécessaire alors qu’elle est contingente sur Terre)
      • La seule chose dont nous ne sommes pas libres, c’est de renoncer à notre liberté

=> La liberté constitue la condition humaine, nous sommes toujours libre quelque soit la situation, la liberté est inhérente à l’existence humaine : elle en est la condition

« nous n’avons jamais été aussi libres que lors de l’occupation allemande » >>> on était obligé de choisir son camp, et même ne pas choisir était déjà un choix

    • Parce que exister c’est choisir, nous ne sommes que le résultat de nos choix
      • Nous sommes absolument responsables de ce que nous sommes : cette responsabilité nous angoisse et nous tentons d’échapper à cette angoisse par la mauvaise foi
        • Nous accusons des déterminismes multiples : le destin, la nature humaine, les autres …mais l’homme est sans excuse il est responsable de lui-même
        • Être homme, c’est être « condamné à être libre« , condamné à assumer son existence libre, l’homme n’est pas libre d’échapper à la liberté

– Une psychanalyse existentielle pour trouver son projet d’existence on remonte de but en but pour saisir son projet ultime et global (qui n’est pas un donné mais un choix), pas comme dans la psychanalyse où on remonte dans l’enfance

=> je peux être autre que je suis en le choisissant librement, un néantissement, cela peut faire peur ; à chaque instant nous sommes autre que nous-même car ce sont nos actes qui nous font (nous n’avons pas d’autre être que nos actes)

    • La facticité est le fait que je suis dans l’endroit et à l’époque où je suis, des choses que je ne peux pas changer mais cela n’empêche pas la liberté : je pourrais toujours néanmoins réaliser mes choix étant donnée cette facticité, ces conditions, comment moi je vais me construire par rapport à elles. Le simple fait que nous sommes des corps, la contingence que nous existons comme des corps, la naturalité.
      • « on a à être le passé » = on doit assumer notre passé, il nous a marqué dans notre corps, dans notre pensée => une responsabilité totale chez Sartre.
      • La possibilité d’un nouveau commencement est le signe de la liberté
      • Pour Sartre, notre vie n’est en rien déterminée par des conditions sociales ou biologiques et donc nous sommes obligés de nous engager, de faire constamment des choix et sommes complètement responsables de nos actions
        • Une philosophie de la responsabilité : j’assume ce que j’ai fait même si je ne suis plus d’accord avec ce que j’ai fait

      • Seule la conscience humaine peut choisir totalement son type d’existence malgré la factici et on est responsable de l’assumer : je suis responsable de la manière dont je vis la guerre (même si ce n’est pas moi qui l’ai déclenchée), j’ai toujours qque chose à faire
      • La responsabilité chez Sartre : Il y a toujours la liberté d’un choix possible dans n’importe quelle situation.
      • Une philosophie du choix, chaque homme est responsable de ce qu’il est devenu « l’existence précède l’essence », l’individu qui vit sa vie n’est pas déterminé d’avance, pas une nature qui le déterminerait complètement à agir dans un certain sens. Mais il y a une nature humaine, bien sûr. Il s’oppose au déterminisme social des marxistes… ce qui compte c’est comment on réagit face à une situation, quelle soit bonne ou mauvaise, ce que l’on va faire d’une situation, se laisser entraîner ou alors lutter.
        • Le marxisme : l’individu est profondément déterminé par ses conditions sociales, économique
      • L’humanisme de la Renaissance prenait l’homme comme valeur, il avait une valeur en soi (une valeur qui lui venait de son créateur ou de la nature) indépendante de l’effort individuel
        • Mais Sartre considère l’homme comme dépassement de soi en continue, constamment en projection dans un futur qu’il doit créé, un humanisme créateur de toutes ses valeurs à partir de lui-même et pas données
==================== LEXIQUE =======================

antinomie : opposition entre 2 thèses qui sont contradictoires entre elles et entre lesquelles on ne peut pas choisir par le raisonnement théorique

anthropologie : étude des hommes tels qu’ils sont

cause : détermine le sujet sans qu’il le veuille

la conscience : se rendre compte de que chose

  • La conscience se pose comme un pour-soi, une manière d’être de la conscience en tant qu’elle ramène les choses à elle-même, un rapport des chose à elle-même, elle établit par rapport à elle-même des comparaisons d’identité et de différences.

    • l’objet est l’en-soi : il n’a aucun rapport avec lui-même, il n’a pas de conscience.

la conscience réflexive : on se saisit en train de faire quelque chose, on s’est posé soi-même comme objet pour soi.

une critique (Kant) : l’évaluation du domaine dans lequel une certaine faculté peut légitimement étudier ses objets = délimité le champ d’application d’une faculté que nous avons (e.g. La raison pure théorique)

la vie communautaire : l’individu doit se fondre dans des règles communes (le groupe au centre de tout)

le dasein : est pour Heidegger l’être de l’homme (la réalité humaine), traduit par être-là

la délibération : une suspension de l’action qui n’est plus immédiate (comme pour les animaux qui agissent en fonction de leur désir) mais réfléchie, opérer un choix après avoir pesé le pour et le contre ou les solutions alternatives

le destin (notion qui s’oppose à celle de libre arbitre) : force de ce qui arrive et qui semble nous être imposé sans qu’aucune de nos actions n’y puisse rien changer. C’est une nécessité implacable immanente à la réalité ; désigne au moment présent, l’histoire future d’un être humain telle qu’elle est prédéfinie par une instance qui est soit considérée comme supérieure aux hommes (éventuellement divine) dans les conceptions finalistes du Monde, soit comme immanente à l’univers (éventuellement la Philosophie de l’histoire ou la nature) dans les conceptions déterministes

déterminisme : relation nécessaire entre une cause et son effet (déterminisme naturel = tous les phénomènes naturels sont soumis à des lois nécessaires d’enchaînement causal)

  • nécessaire : ce qui ne peut pas ne pas être
    • contingent : ce qui peut ne pas être ou être autrement

un événement absolu : un événement qui n’est pas déductible de ce qui était avant, un surgissement du négatif par lui-même.

l’essence : la caractéristique que l’on peut attribuer à une chose pour la définir et la différencier de tous les autres types de choses, une différence, ce sont des notions générales.

ek-statique : les 3 unités du temps (passé – présent – avenir)

la facticité : le fait que je suis dans l’endroit et à l’époque où je suis

la fatalité : un décret des dieux qui se réalise immanquablement.

influences (on peut résister) versus déterminations (pas moyen de faire autrement)

impératif hypothétique : conditionnel, simple conseil de prudence ou d’habileté (« si tu veux ceci, fais cela »)

impératif catégorique : seul impératif moral (Kant), commande absolument et sans condition à tout être raisonnable toujours et partout, indépendamment de ses désirs, des conséquences et de l’utilité. Il est toujours réalisable car il ne dépend que de la raison.

intuition (Kant) : ce n’est pas « j’ai l’intuition de », mais c’est l’appréhension de qque chose, plus large de appréhension sensible, saisir qque chose par la pensée sans que cela vienne des sens

isonomie : l’égalité devant la loi

kalos kagathos : idéal grec de vertu, le citoyen beau, noble et surtout libre

kairos : le moment opportun, propice, est la condition objective de la liberté

libre arbitre (liberum arbitrium en latin, le « libre arbitre de la volonté ») : le pouvoir indéterminé de se déterminer soi-même, la faculté qu’aurait l’être humain de se déterminer librement et par lui seul, à agir et à penser, par opposition au déterminisme ou au fatalisme, qui affirment que la volonté serait déterminée dans chacun de ses actes par des « forces » qui l’y nécessitent

  • St Augustin « Dieu a conféré à sa créature, avec le libre arbitre, la capacité de mal agir, et par-là même, la responsabilité du péché » => grâce au libre arbitre, Dieu reste impeccamineux (non coupable)

une loi : une règle objective, universelle

marxisme : l’individu est profondément déterminé par ses conditions sociales, économique

une maxime : une règle subjective

motif = : le sujet se détermine lui-même

le nouménal : on ne peut le saisir que par la pensée, comme une idée mais n’arrive pas à le démontrer dans le cadre théorique

phénomène : la manière dont la « chose en soi » nous apparaît en affectant nos organes sensoriels et est structurée par nous selon les formes de l’intuition (espace et temps) et les catégories de l’entendement pour devenir objet de connaissance

le phénoménal : c’est ce qui nous apparaît

philosophie morale : définit les normes que doit respecter le sujet dans son agir

la providence : le gouvernement de la création par le créateur, c’est une main tendue, non une intervention qui modifie de force la vie de l’homme. Sans faire violence à la créature rationnelle qu’est l’homme, le créateur fait servir indirectement au bien les actes libres des hommes, mêmes ceux qui sont moralement mauvais

prédestination : Dieu aurait choisi de toute éternité, dans le secret de la foi, ceux qui seront graciés et auront droit à la vie éternelle (Pélage au contraire soutenait que l’homme peut être sauvé par sa seule volonté)

principe : tout ce sans quoi une chose ne peut se faire, souvent les premières causes, la cause la plus important

pur (Kant) : par simple raisonnement, sans recours à l’expérience sensible, indépendamment d’objets concrets, non empirique (e.g. pas basé sur l’observation des mœurs)

Une proposition synthétique a priori : elle ajoute qque chose au sujet mais qui n’est pas compris dans l’essence du sujet (pas une proposition analytique, j’analyse ce qu’est le sujet, je développe son essence)

  • Il n’y a que les propositions synthétiques qui font progresser le savoir d’un objet, mais a priori (sans recourir à l’expérience). Ex : les mathématiques (on ajoute sans cesse de nouvelles connaissances, par des déductions à partir des seuls axiomes que l’on a posé au départ sans recourir aux choses)

qualités premières (celles qui sont essentielles) et qualités secondes (on peut les retirer sans qu’il y ait un changement d’essence) d’un objet

la sagesse : la visée ultime est d’atteindre un état d’harmonie et de bonheur pas possible sans la liberté intérieure

société : un contrat social avec la liberté individuelle au centre de tout

transcendant : ce qui est d’un niveau supérieur à ce qui est ordinaire, ce qui dépasse nos capacités de connaître (Dieu est inconnaissable si il existe) ou bien alors pour le phénoménologues, c’est ce qui est extérieur

Transcendantal (Kant) : conditions de possibilité a priori de toute expérience possible (les conditions a priori de toute connaissance = les formes a priori de l’intuition sensible et les catégories de l’entendement)

une morale utilitariste : agir de telle sorte que cela ne nuise pas aux autres et à la société

=================== CONFERENCES / MOOC / DOCUMENTATION =================

Comment devenir vraiment libre ? >>> https://www.youtube.com/watch?v=Am37eqnNZLE

Abécédaire philosophique : L comme Liberté >>> https://www.youtube.com/watch?v=_EswPMRRL4k

Liberté et déterminisme par Annick Stevens >>> https://www.youtube.com/watch?v=mTldNIEqaN0

La Liberté – Frédéric WORMS >>> https://www.youtube.com/watch?v=wR29YWjwLUs

Qu’est-ce que la liberté ? >>> https://www.dailymotion.com/video/xn0uqo

Liberté / La Foi prise au Mot >>> http://www.ktotv.com/video/00075332/liberte

Philosophie – Terminale : La liberté est une illusion – Spinoza >>> https://www.youtube.com/watch?v=dpHpazA2FkI

BAC PHILO – 11 La liberté >>> https://www.youtube.com/watch?v=zhwuys92g1E

La liberté >>> https://www.youtube.com/watch?v=GhP9DO5AH3I

Sommes nous libre ? >>> https://www.youtube.com/watch?v=9V3kx5s3Tl4

Le mythe de Prométhée >>> http://www.philolog.fr/le-mythe-de-promethee/

Giovanni Pico della Mirandola, De la dignité de l’homme >>> http://www.lyber-eclat.net/lyber/mirandola/pictrad.html

Discours de la servitude volontaire par Étienne de La Boétie >>> https://www.institutcoppet.org/wp-content/uploads/2011/07/Discours-de-la-servitude-volontaire.pdf

Kant – Qu’est-ce que les Lumières ? >>> https://fr.wikisource.org/wiki/Qu’est-ce_que_les_Lumières_%3F

La naissance de l’idée moderne de la liberté – de Pic de la Miorandole à Sartre >>> https://www.youtube.com/watch?v=Twn6gZkcGh8

Philosophie de la Liberté et Libre Arbitre >>> https://youtu.be/tnwW3S62UtU

Sartre et la liberté >>> https://www.franceculture.fr/emissions/les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance/sartre-et-la-liberte

Sartre, L’être et le néant (2/4) – L’homme est-il condamné à être libre ? >>> https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/sartre-letre-et-le-neant-24-lhomme-est-il-condamne-a-etre-libre