Kant (1724 => 1804)

Kant : théorie de la connaissance et philosophie pratique

« le ciel étoilé au-dessus de moi et la loi morale en moi »

Le ciel étoilé que je vois par les yeux du corps, quelque chose de sublime qui me dépasse toujours (cette multitude d’étoiles, je ne peux pas m’en faire une représentation qui soit absolument close de la grandeur du ciel), et la voix de ma conscience morale qui me montre mon devoir

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– Kant incarne la rupture de la modernité : une nouvelle vision du monde et l’effondrement de la physique ancienne

  • Pour les grecs et jusqu’au monde féodal il y a une objectivité du beau et de la morale, des critères objectifs qui sont l’harmonie de l’ordre cosmique
  • Avec la révolution scientifique du 17e (Galilée, Newton) on va passer du monde clos (le Cosmos est pour eux comme un gros organisme vivant) à l’univers infini (l’espace et le temps sont infinis et la nature n’est plus qu’un chaos dénué de sens, sans hiérarchie naturelle)
  • La science ne sera plus une contemplation passive (théorie = theós + orao = voir le divin) mais va introduit de l’ordre : si le monde est un chaos (e.g. le tremblement de terre de Lisbonne => la nature c’est l’ennemie et on ne la prend plus comme modèle comme le faisait les grecs), si il n’y a plus de lois du monde à contempler alors le savant va introduire de l’ordre dans le chaos du monde, introduire des liaisons entre les événements (e.g. le principe de causalité), la pensée devient un travail et plus une contemplation

=> Elle va produire des jugements synthétiques a priori (synthèse = poser ensemble) = relier les événements du monde (historiques, naturels) avec des connecteurs pour introduire de l’ordre dans un monde qui visiblement n’en a plus

    • L’objectivité de mes représentations : c’est parce que je vais faire les bonnes liaisons avec les connecteurs (les concepts purs, les catégories de l’entendement – e.g. la causalité)

  • Il va falloir fonder la morale autrement que par rapport à l’harmonie du monde qui n’existe pas (on s’aperçoit que le monde n’est en fait qu’un chaos)

    • Ce n’est plus un ordre naturel mais un ordre construit par les humains à partir de leur volonté en limitant sa liberté par rapport à celle des autres (la loi est fabriquée par les humains)

    • Le beau ne réside plus dans la nature mais ce n’est plus qu’une affaire de goût (la faculté de juger du beau et du laid), affaire de subjectivité mais alors comment expliquer le consensus autour de la beauté (Homère c’est beau)  ?

THEORIE DE LA CONNAISSANCE

« La philosophie critique » = la manière dont on appelle la philosophie kantienne qui est la séparation entre ce qui est vrai et ce qui est faux => il s’agit de trier les connaissances (passer au crible)

  • La méthode critique : qu’est-ce qui m’autorise à porter un jugement sur ce qui est ou sur ce qui doit être ?
    • La critique = définir les conditions dans lesquelles l’usage de la raison est légitime pour déterminer ce que l’on peut connaître (« C1 » = Critique de la raison pure) ce qu’il faut faire (« C2 » = Critique de la raison pratique) et ce qu’il est permis d’espérer (« C3 » = Critique de la faculté de juger)

      • La raison a un désir d’absolu, d’inconditionné mais le questionnement initial ne peut se réalisé que de manière pratique, i.e. en agissant dans la morale
  • Être kantien c’est adopter sa méthode critique => rien ne sera plus pareil après Kant
    • C’est rétrocéder, faire un pas en retrait : qu’elle sont les conditions de possibilité de ce que l’on dit ?

    • Qu’est-ce qui rend possible une affirmation ?
    • C’est de la « généalogie » comme chez Nietzsche (qu’est-ce qui nous fait dire ce que l’on dit : e.g. la part de ressentiment derrière le goût du bien ou le goût de la morale)

– La Critique de la raison pure (1781 & 1787), dite « la CRIPURE », où Kant expose sa théorie de la connaissance

  • La théorie transcendantale des éléments
    • L’esthétique transcendantale : le domaine de ce que je reçois de l’expérience (les formes a priori de la sensibilité)
      • La théorie de la sensibilité, de la perception (les intuitions), ce qui nous donne accès aux objets sensibles
    • La logique transcendantale
      • L’analytique transcendantale le domaine de l’entendement, la théorie de la scienceKant expose les principes de la connaissance => les concepts pures de l’entendement = les catégories
      • La dialectique transcendantale => analyse de la raison comme faculté des idées : nous pouvons penser Dieu, le moi, le monde
  • C’est une révolution : Kant s’interroge sur les limites de la connaissance humaine en se posant la question des conditions de possibilité de l’expérience
    • La question de la vérité, de la connaissance
      • Que puis-je savoir ?
      • Que puis-je connaître?
      • Qu’est-ce que c’est qu’une connaissance vraie ?

  • La « philosophie transcendantale » : c’est s’interroger sur les conditions de possibilité de l’expérience, ce qui vient avant l’expérience, que faut-il pour produire de la connaissance
    • Le sens de transcendantal = la méthode qui consiste à s’interroger sur les conditions de possibilité d’une connaissance pour produire des jugements certains, objectifs (scientifique) sur ce qui existe

  • La question que pose Kant : « que peut la raison ? » : il s’interroger sur l’instrument qui nous sert à connaître, sur les principes de la connaissance
  • L’objectif est de réconcilier la raison avec elle-même
    • il y a des antinomies de la raison qui peuvent amener à une misologie (un dégout de la raison) : que la raison n’affirme plus que le monde a un commencement ou qu’il n’en a pas, que la liberté existe ou que tout dans le monde est absolument nécessaire
  • Kant fait passer la métaphysique du domaine de la science à celui de la morale

    • Les objets métaphysiques sont les objets méta-empiriques ou suprasensibles et le discours sur ces objets n’est pas une connaissance
      • La métaphysique pense la transcendance (e.g. la liberté, Dieu, l’âme), elle transgresse la physique car de ces objets là on n’en n’a pas l’expérience
        • La liberté (puissance du sujet de s’affranchir de l’enchaînement causal) est un objet métaphysique

        • Il n’y a pas d’expérience de Dieu que ce soit par la connaissance théorique ou par l’intuition mystique

    • C’est une éducation de la raison pour éviter l’oscillation entre l’assurance dogmatique (les rationalistes comme Leibnitz ou Spinoza) et le désespoir des sceptiques (les empiristes comme Hume où pour eux il y a primauté de l’expérience et de l’impression sensible sur nos idées)

=> La métaphysique comme science, i.e. comme savoir objectif, est impossible, mais Kant ne dit pas que la métaphysique est impossible

      • Le penser est infiniment plus vaste que le connaître : si on ne connaît pas la chose en soi, du moins la pense-t-on

      • Une révélation de la raison à une foi rationnelle et ainsi fonder une métaphysique pratique

– Kant est le philosophe qui montre les limites de notre connaissance : ne pas confondre entre ce que nous pouvons connaître et ce que nous ne pouvons que penser

  • Pour les empiristes on ne peut pas connaître au-delà de l’expérience sensible

    • Le raisonnement par induction (e.g. je dis que l’eau boue à 100 degrés après l’avoir vu bouillir des dizaines de fois à cette température là) => ne conduit pas plus loin que la croyance

    • Les empiristes disent qu’il n’y a que des vérité particulières et temporelles (on n’a jamais vu de cercle en général)

=> un scepticisme : la vérité est inaccessible puisque l’expérience est toujours partiale, particulière

    • Hume est « le réveil matin » de Kant (il l’a sorti de son « sommeil dogmatique »)

  • Kant trace des limites à la connaissance : il y a un au-delà de ce qui est connaissable pour lequel nous pouvons porter un autre type de regard

    • Un sens théorique : nous pouvons penser Dieu, le moi, le monde => la dialectique transcendantale

    • Un sens pratique : ce que nous devons faire

      • « j’ai dû abolir le savoir (le savoir illusoire de la métaphysique) pour laisser une place à la foi » : Kant veut limiter le savoir pour faire place à la foi : on ne pourra pas dire que Dieu existe mais dans la manière même d’agir il faudra qu’on postule que Dieu existe, on fera comme si

        • La preuve ontologique de l’existence de Dieu (St Anselme) : on ne peut pas démontrer scientifiquement l’existence (ou la non existence) de Dieu car on ne peut pas conclure d’une idée (de l’essence, de la définition)  l’existence (avoir l’idée d’un être qui existe n’est pas la preuve que cet être existe vraiment, cela reste une idée : l’existence en idée n’est pas l’existence réelle) car l’existence est expérimentale ou alors elle n’est pas : il faut sortir de l’esprit pour rejoindre le monde

=> Dieu ne devient plus qu’une idée de la raison

        • La raison trouve sa véritable destination => l’usage moral où la raison n’a pas affaire à l’être mais au devoir être

        • La foi : l’aspect pratique, la croyance rationnelle, ce que je ne peux connaître néanmoins je peux l’espérer, je peux penser au-delà de ce que je peux connaître => je suis libre, donc il m’est permis d’espérer que Dieu existe

          • On commence par la finitude (les cadres de la finitude : l’espace et le temps on ne peut pas les dépasser), par l’expérience, et nous ne pouvons pas avoir de connaissance qui dépasse l’expérience

            • Il faudra passer par la foi pour donner une réalité à l’idée de Dieu

          • L’idée de Dieu n’a pas de valeur objective (on ne peut pas prouver l’existence de Dieu) mais elle va conserver un sens, « un foyer imaginaire » pour penser
            • La question du progrès scientifique  (on progresse vers l’idéal de la science achevée qui réconcilie toutes les théories, le savant avance vers un savoir absolu – comme l’idée de Dieu)
            • La question de la beauté (en Dieu, sensible et intelligible sont réconciliés, une harmonie comme dans l’œuvre d’art)

– La Critique de la Raison pure va être la réponse à la question : « comment des jugements ou des propositions synthétiques a priori sont-elles possibles ? »

  • Un jugement analytique : c’est un énoncé qui n’apporte rien de neuf car le prédicat est déjà contenu dans le sujet (e.g. « tous les corps sont étendus » l’étendue fait partie du concept de corps, ou « le nain est petit »)
    • C’est expliquer = déplier ce qui est contenu à l’intérieur du sujet
  • Un jugement synthétique est extensif, il apporte quelque chose de nouveau, ajouter à un sujet un nouveau prédicat qu’il ne le contenait pas, on étend la connaissance (e.g. « ce nain est riche » c’est une synthèse entre un nain et son compte en banque, ou « certains chiens sont dangereux »)
  • Un jugement a posteriori résulte d’une expérience au lieu de la précéder : le prédicat n’est pas contenu dans le sujet, ce n’est que par l’expérience que je peux le connaître
        • « la table est blanche » est un jugement synthétique a posteriori

    => On attend de la science qu’elle fasse des prédictions sur le future, qu’elle soit capable de faire des jugements synthétiques a priori : en science « les jugements synthétiques a priori sont-ils possibles ? »

  • Un jugement a priori vient directement de l’entendement, de la raison
  • Hume : tous les jugements de causalité sont synthétiques (e.g. impossible par la raison de découvrir, deviner que le feu brûle, on a besoin d’en faire l’expérience)
    • C’est l’habitude qui donne seule autorité au principe de causalité : c’est parce que j’ai l’habitude de voir suivre B de A que je dis qu’il en sera toujours ainsi et que j’énonce un loi

La raison pure n’emprunte rien au sensible, à l’expérience, mais cela se paye de la contradiction et une lutte acharnée entre des positions irréconciliables (entre les rationalistes et les empiristes) => pour Kant ce qu’il faut ce n’est pas que des concepts mais aussi du sensible

  • Notre connaissance commence d’abord par la sensibilité qui nous fournit des objets immédiatement au moyen de l’intuition (la perception)
    • Le concept de cause a besoin de s’appuyer à un champ sensible (i.e. des phénomènes données dans l’espace et dans le temps) car sinon on ne provient pas à une connaissance certaine juste avec le concept de cause

« l’expérience possible » : c’est tout ce que je peux savoir d’un objet avant même que j’en fasse l’expérience, un savoir a priori (e.g. je sais à l’avance qu’il aura une quantité, une qualité, qu’il entretient des relations de cause à effet avec d’autres objets – des relations de causalité)

  • La physique pourra faire des jugements synthétiques a priori en tant qu’ils se rapportent à l’expérience possible alors que les jugements synthétiques a priori sont impossibles en métaphysique

– Pour le criticisme, il y a 2 sources de la connaissance : pas un privilège rationaliste chez les dogmatiques (e.g. Wolff & Leibnitz), ou un privilège empiriste comme chez les sceptiques (e.g. Hume)

  • La 1ère source de la connaissance : la sensibilité qui est réceptrice => notre connaissance commence avec l’expérience (on est du coté des empiristes), elle impose déjà des formes à la chose avant même que l’entendement l’informe ensuite par des concepts en transformant la chose en objet : c’est une esthétique transcendante car il y a déjà inhérent même au phénomène des formes
    • Elle nous fournit la matière de notre connaissance par l’intuition : une représentation singulière où j’appréhende un objet réel que je perçois ici et maintenant
      • Pour Kant il n’y a pas de connaissance indépendamment d’un sujet connaissant, il n’y a pas d’objet sans sujet : il n’y a pas de connaissance scientifique sans une matière sur laquelle porte cette connaissance

        • Pour qu’il y ait connaissance il faut qu’il y ait une donation sensible, une intuition sensible dans le temps et dans l’espace, ce qui est dans la nature (et pas au-delà, sinon nous ne pouvons que le penser)

        • Pour Kant : il y a forcément un antécédent causal à nos affections sensibles, il y a qque chose qui nous affecte

    • Baumgarten a fondé en 1750 une esthétique = tout ce qui relève de la sensibilité, ce que l’on connaît par les sens
      • L’esthétique est la faculté de percevoir
    • La sensibilité ne restitue pas la chose dans sa pureté 
      • Il y a une intuition empirique = la matière du phénomène => le divers du phénomène, ce qui correspond à la sensation
      • Et une intuition pure, la forme du phénomène = ce qui ordonne la matière du phénomène selon certains rapports
    • Le phénomène : la chose telle qu’elle apparaît dans l’espace et dans le temps => on ne peut connaître que ce qui apparaît dans l’espace et dans le temps (les structures de l’apparaître)
      • Il est reçu par les sens (ce n’est pas nous qui produisons le monde), et c‘est moi qui constitue les objets (c’est nous qui organisons le monde)
        • On commence par l’esthétique => nous sommes finis car nous n’avons pas la possibilité de produire ce que nous voyons
      • C’est ce qui nous apparaît, ce qui se manifeste et il ne nous est pas donné sans que nous le représentions dans l’espace et le temps : on l’aborde toujours dans un certain rapport que l’on occupe, l’espace, et à un certain moment du temps. Ces formes ne sont rien en elles-mêmes (on ne peut pas faire l’expérience du temps et de l’espace en eux-mêmes), ce sont comme des filtres à travers lesquels les choses se diffractent dans notre représentation pour composer le phénomène => on ne connaît la chose que par rapport à soi
        • La chose est disséminée selon des coordonnées spatiales et temporelles : on a une perspective sur elle
      • Les 2 formes a priori de la sensibilité  : si ce n’est pas dans ces structures alors cela nous conduit à une illusion de connaissance
      • l’espace = « la forme du sens externe » 
        • On adopte différents points de vue (Husserl : « les différentes esquisses ») => on tourne autour d’une table : on accède à la chose de façon éclatée
        • Le divers sensible est d’abord donné dans une multiplicité, un éclatement premier  : « le divers phénoménal » et ensuite on va organiser la chose en fonction de soi

=> On ne perçoit que par des perspectives, la connaissance commence d’abord par la multiplicité : on ne commence pas par l’un, par L’Idée : la chose en soi nous est inconnue

      • le temps = « la forme du sens interne » 
  • La 2nd source de la connaissance : l’entendement (le verstand) qui est une pure spontanéité => « c’est la faculté de produire des représentations », notre connaissance ne résulte pas que de l’expérience = la forme de la connaissance (ce que j’amène avec moi, ce que je produis moi-même)
    • C’est l’unité de la pensée = la pure unité du je pense qui ramène le multiple sous l’unité
      • Avec les catégories, une puissance active de lier, de synthétiser, de coordonner, d’unifier à notre conscience le divers phénoménal fourni par la sensibilité
    • Nos facultés permettent de mettre en forme la matière reçue du dehors par la pensée dans des concepts qui sont des représentations générales communes à plusieurs objets
    • Pour Kant, nous n’arrivons jamais vierge devant l’expérience car nous sommes déjà « équipés »
    • L’expérience reçoit de notre entendement la forme (pure et rationnelle) qui nous permet de l’appréhender, pour la constituer de manière objective
        • Nous ne savons pas avant l’expérience quelle cause est liée à tel effet, mais nous savons par avance, a priori, qu’il n’y a pas d’effet sans cause => le rapport de cause à effet vient de l’entendement mais les termes eux viennent de l’expérience et les 2 forment la connaissance que nous avons de l’objet
    • l’entendement imprime une forme à l’expérience

« Bien que toute notre connaissance commence avec l’expérience, elle ne résulte pas pour autant toute de l’expérience »

=> Une expérience est toujours un mélange de ce que nous recevons de l’extérieur (une intuition) et ce que nous y mettons de nous-même (des concepts) : les empiristes et les rationalistes n’ont pas vu que notre connaissance a toujours une forme et une matière

    • C’est la faculté de connaître qui ne s’applique qu’aux phénomènes, i.e. aux choses telles qu’elles apparaissent dans l’espace et dans le temps
      • C’est la faculté qui agit dans la science, qui recherche les causes des phénomènes, les lois qui régissent l’ensemble des mouvements physiques et naturels

=> l’entendement pense par concepts l’objet (i.e. au moyen de concepts) qui est donné par la sensibilité dans l’intuition (i.e. ce qu’elle nous donne à percevoir)

      • Les catégories : Il y a en nous des concepts qui ne viennent pas de l’expérience, mais qui sont des concepts pures de l’entendement et qui nous servent à constituer l’expérience
        • Les concepts de l’entendement ne s’appliquent qu’aux objets de l’expérience sinon on pense dans le vide

« un concept sans intuition est vide, une intuition sans concept est aveugle »

    • Nota : on ne pense pas les concepts comme le faisait Platon
    • A partir d’un phénomène, de ce qu’il perçoit, de ce qui lui est donné de manière sensible, le sujet produit une connaissance en appliquant des concepts

      • L’entendement juge : S est P, il met en relation S et P
        • La sensibilité nous fournit des termes (on commence par le multiple) et l’entendement les pense en les mettant en rapport les uns avec les autres

        • La différence entre une intuition (l’intuition de ce rouge) et un concept (le rouge) est une différence de généralité

– Nous avons un  »programme » en nous qui va nous permettre de connaître le monde tel qu’il nous apparaît et donc je n’ai pas accès à l’être en soi des choses, je n’ai accès qu’à l’apparence des choses, aux phénomènes

  • Kant part de l’expérience humaine, il a remis en avant la finitude de l’individu : l’état de limite dans lequel se trouve l’homme qui cherche à penser le monde
    • La réalité qui nous entoure, les objets singuliers ne nous sont donnés que par l’expérience qui passe par la sensation (« les intuitions sensibles ») et l’espace & le temps sont les cadres de l’intuition et ils sont la marque de la finitude de l’homme
      • A l’inverse de Dieu qui est infini, omniscient et éternel (pour Dieu pas d’espace et de temps, il est pure raison)
      • La sensibilité qui induit l’homme en erreur

=> Dieu va devenir une idée de la raison accessible par la foi mais pas par la raison (Kant critique les preuves de l’existence de Dieu car on ne peut pas dépasser les cadres de l’expérience) >>> c’est la critique du 17e qui est le siècle métaphysique

    • Il s’interroge sur les limites, quelles sont les conditions de possibilité de la connaissance : comment peut-on savoir ?
      • Pour Kant, la sensibilité est un moyen pour atteindre le réel : par elle on peut accéder aux concepts d’espace et de temps qui sont des intuitions pures, ils sont là, pas des catégories construites par l’esprit, ils sont des cadres de pensée
      • L’idéalisme de Platon : l’allégorie de la caverne montre que ces prisonniers qui ne se rendent pas compte qu’ils ne voient que des ombres, des apparences des choses et qu’il s’agit d’accéder au monde des Idées
        • Tout ce qui relève de la sensibilité est considéré comme quelque chose d’inintéressant
      • L’empirisme de Hume : seul par les sens on peut accéder à la réalité

– L’objectivité des phénomènes est constituée par les règles de mise en ordre du sujet (les catégories de l’entendement)

  • Le phénomène (qui est apparaître de quelque chose) : c’est l’objet en tant qu’il nous apparaît de façon sensible, objet d’une intuition sensible, il est objet de la connaissance

    • l’objet est une construction sur le terrain des phénomènes => nous ne pouvons connaître que les objets sensibles, i.e. donnables dans la sensibilité

  • La chose en soi (du point de vue de la sensibilité) : il y a un reste inaccessible à la connaissance, quelque chose qui échappe à notre terrain de point de vue, qui est au-delà de notre puissance d’objectivation, ce n’est pas un objet
    • le noumène (du point de vue de l’entendement qui s’empêche de connaître la chose en soi aux moyens de ses catégories mais que l’on peut penser) versus le phénomène
      • un objet purement pensé, objet d’une intuition intellectuelle, i.e. non sensible => ce n’est qu’une représentation régulatrice pas une valeur de connaissance
  • L’idée (du point de vue de la raison qui prétend la connaître : elle est présomptueuse), une pulsion qui est la quête de l’unité, de l’Un (Dieu)
    • L’idée est la totalité des phénomènes où ils trouvent leur unité systématique

« j’entends par idée un concept nécessaire de la raison auquel aucun objet qui lui corresponde ne peut être donné par les sens »

=> La métaphysique est impossible et il est inutile de s’épuiser à la poursuivre = c’est la tentation pour se placer à la place de Dieu

      • On peut penser autrement les objets de la métaphysique => sur le mode pratique = la morale de Kant

– La connaissance (« cette fumée provient d’un feu ») est constituée d’une part des termes qui nous viennent de l’expérience sensible (la fumée et le feu = la matière), et d’autre part du rapport (le rapport de cause à effet = la forme qui est a priori), une synthèse qui nous vient de l’entendement (et pas une analyse comme le faisait les rationalistes, Leibnitz = déplier la monade)

  • Spontanément notre entendement synthétise, il fait des liaisons, cherche à établir des rapports entre les données fournies avec l’expérience => c’est mettre en rapport = juger
    • Penser c’est juger (krinein = juger au sens de la séparation, mais qui a donné crise en français, crise = séparation entre 2 époques)
      • il n’y a pas de termes (la matière) sans rapport (la forme) et inversement

=> les concepts a priori de l’entendement (les catégories) ne peuvent être utilisés sans l’expérience = on ne peut pas penser dans le vide

  • Ne pas quitter l’expérience pour spéculer à vide comme le fait Platon avec ses idées qui est un usage illégitime de la raison
    • La métaphore de la colombe à propos de la métaphysique : comme un oiseau qui croit qu’il volerait mieux si il n’avait pas l’air (l’expérience, Platon veut aller dans le monde des idées) qui freine sa course=> La métaphysique se bâtit sur du sable faute de pouvoir reposer sur l’expérience

St Thomas d’Aquin a définit la vérité = adéquation entre la chose et l’intellect (adequatio rei et intellectus)

  • Kant : l’objectivité ne va plus se fonder dans l’accord avec la chose extérieure mais au fond dans l’accord entre les sujets (que l’on fait les bonnes liaisons avec les connecteurs) => c’est le fait que les sujets s’accordent qui fait l’objectivité
    • il y a dans le sujet des lois, des formes a priori, des règles qui précèdent l’expérience et qui la rende possible  = des jugements synthétiques a priori qui permettent de lier, de synthétiser de façon objective la diversité de nos représentations
    • Notre connaissance est limitée à l’expérience
      • Nous ne connaissons pas les choses telles qu’elles sont en elles-mêmes (chose en soi) mais seulement telles qu’elles nous apparaissent (les phénomènes = nous ne pouvons appréhender les objets que sous les formes de l’espace et du temps)
        • le phénomène = c’est la pellicule que le sujet détache de la chose en soi
      • Kant adopte le point de vue de la finitude à la différence des rationalistes (e.g. Leibnitz)

=> désormais la chose en soi est inconnaissable

  • Pour Hegel, il n’y a pas de chose en soi car « le réel est rationnel » : il est possible de tout résorber dans la raison
    • Mais Kant pose la distinction décisive entre chose en soi et phénomène => la métaphysique est disqualifiée comme science

– Kant, la « révolution copernicienne » : les questions du vrai et du beau ne vont plus être abordées par rapport à la notion de l’ordre cosmique mais par rapport à l’idée de subjectivité, l’humain

  • Partir du sujet plutôt que de l’objet, c’est pour Kant entrer « dans la voie sûr de la science » => un changement radical, aller au-delà des apparences (comme était le géocentrisme) = penser de manière tout à fait à l’opposée qu’habituellement
  • Le fondement de la connaissance est au sein du sujet humain non plus au sein des objets
  • C’est la rupture avec la pensée grecque

=> régler notre connaissance non plus sur l’objet (désormais inaccessible comme chose en soi) mais sur le sujet transcendantal qui dès lors se voit ériger en principe suprême (l’unité du je pense)

  • Le sujet de la connaissance ne tourne pas autour de l’objet mais au contraire c’est l’objet qui tourne autour du sujet de la connaissance car c’est le sujet de la connaissance qui est dépositaire des catégories permettant d’atteindre le vrai
    • Les romantique en ont tiré la toute puissance du moi
  • Recentre la philosophie autour de la subjectivité : c’est le sujet qui va constituer l’objet à partir de la réceptivité (l’intuition sensible)
    • L’objet tel qu’il existe dans la conscience (la représentation) = l’objet pour nous
    • versus l’objet tel qu’il existe en soi (indépendamment du regard et de la conscience que nous en avons)
  • La connaissance va du multiple à l’un (elle subsume, elle juge, ramène toujours sous une unité plus haute) à la différence de Platon qui commence par l’un, les Idées
    • Pour Kant, penser c’est juger, et juger c’est subsumer = ramener le multiple sous l’unité d’un concept plus large
      • dire « ceci c’est cela » : l’intuition est ramené sous le concept
  • Ce n’est plus notre connaissance qui se règle sur les objets en eux-mêmes mais les objets (comme objets de l’expérience) qui se règlent sur notre pouvoir de connaître a priori
  • Nous ne connaissons des objets que l’impact (les phénomènes) qu’ils ont sur notre sensibilité, nous ne connaissons que la manière dont nous sommes affecté par les objets (et on reconnaît que nous n’avons pas accès à ce qu’ils sont en eux-mêmes)

– Les 12 catégories sont des concepts que l’on aurait a priori dans notre entendement afin d’ordonner, de comprendre le réel : la table des catégories de l’entendement est la table des principes de liaisons, de synthèse de la pensée humaine

  • Kant déduit les catégories de l’entendement (les structure intellectuelles) des différents types de jugements qui peuvent être effectué par un entendement

    • Les structures a priori de la sensibilité (l’espace et le temps) ne sont pas objet de déduction mais d’exposition (font l’objet de l’intuition, c’est un fait mais pas le résultat d’un raisonnement, elles sont contingentes et pourraient être autrement)

  • Ce sont des règles de synthèse : des manières déterminées de ramener le divers sous l’unité
  • Nous savons a priori que l’objet doit être pensé selon les catégories (il aura forcément une qualité, une quantité, il sera en relation, etc.)
  • La connaissance scientifique consiste toujours à subsumer des intuitions sensibles sous des concepts de l’entendement.

– 3 idées transcendantales : des idées régulatrices de la raison

  • l’idée de l’âme => exprime l’unité absolue du sujet pensant
  • l’idée du monde => exprime l’unité absolue de la série des conditions des phénomènes
    • la raison produit l’idée de monde contenant la série totale des phénomènes, comme synthèse de la série des phénomènes : elle espère l’inconditionné lui-même
  • l’idée de Dieu => exprime l’unité absolue des conditions de tous les objets de la pensée en générale (réel et possible)

– L’erreur de Descartes : avoir opéré un glissement du « je pense » au « je suis », avoir affirmé l’existence absolue du moi comme substance pensante

  • Il n’y a qu’un sujet logique qui accompagne toutes nos représentations, mais ce n’est pas une substance réelle, identique à elle-même (soustraite au temps et à l’espace) sous-jacente à la multiplicité de nos états de conscience qu’elle supporte
    • C’est ce que fait Platon en remontant à l’âme comme une Idée (éternelle, soustraite au temps) ou Leibnitz avec les monades
    • Les cartésiens disent qu’il y a des vérité a priori (i.e. qui ne viennent pas de l’expérience) des idées innées (e.g. la somme des angles d’un triangle fait 2 droits) => Dieu a mis dans notre tête les vérités mathématiques (les idées mathématiques, orao = je les vois)

    • C’est raisonner à vide à partir de concepts (e.g. substance) sans y trouver un remplissage intuitif
  • Le sujet (le « je pense ») ne peut s’atteindre dans son unité car il s’observe que comme un moi empirique, dans l’éclatement du sensible, (i.e. dans le temps et l’espace) auquel il ne peut échapper, et ce n’est qu’une manifestation phénoménale
    • On ne se connaît que dans l’espace et le temps, de manière diffracté à l’inverse de Platon qui avait prétention de pouvoir connaître notre âme (se connaître dans son identité) par contemplation de son Idée
      • Pour Kant, l’âme est une chose en soi comme n’importe quelle autre chose : on ne connaîtra jamais que le moi empirique et on ne pourra jamais en conclure une immortalité de l’âme => on ne voit qu’un flux de sensations (dans le temps)
    • On peut appliquer le concept de substance pour son corps car on le voir dans l’espace
  • Nos états de conscience (nos représentations internes) changent toujours, toujours mouvante, un fleuve, n’ont aucune permanence et donc il n’est pas possible de conférer au sujet le statut de substance
    • ce n’est que par rapport au monde extérieure (les choses sont fixes) que je peux m’envisager (e.g. ce n’est que depuis la rive que je peux voir le fleuve qui coule)
      • La démarche inverse de celle de Descartes qui commence à se connaître lui-même
      • Le cogito cartésien ne doit être qu’un seul « je pense » et pas en plus un « je suis une substance », qu’une fonction de synthèse et je ne peux pas me retourner sur moi-même et m’atteindre comme sujet car je ne connais de moi que le moi empirique
  • Dans l’expérience interne, je m’apparais à moi-même dans la forme du temps, mais pas tel que je suis essentiellement, mais que comme un objet => je ne sais pas quel est ce moi qui m’apparaît
  • Le je n’est pas un objet de connaissance mais il est indispensable en tant qu’instance logique à tout formulation de connaissance
  • L’unité originairement synthétique de l’aperception = l’unité du je pense, l’unité transcendantale de la conscience n’est pas l’objet elle-même d’une expérience, c’est la condition formelle de toute expérience
  • elle rassemble, met en rapport, met en forme, fait une synthèse de la multiplicité des termes fournis par la sensibilité, du chaos sensible, pour les constituer en objet => ce sont les catégories qui mettent en rapport les termes issues de la sensibilité

– Il y a d’une part le sujet transcendantal (le « je pense ») et le sujet empirique (je fais l’expérience de moi-même)

Kant distingue

  • connaître et
  • penser (on peut penser au-delà même de ce que l’on connaît)
    • La morale sera possible et a besoin de postuler des objets qui ne sont pas dans l’expérience (l’immortalité de l’âme, l’existence de Dieu, la liberté)
  • La raison est la pensée qui considère l’usage non empirique des catégories
    • cela ne livre qu’une connaissance d’objets illusoires
    • ou alors un usage non empirique des catégories mais qui ne prétendrait plus connaître et qui livrerait l’usage pratique qui ouvre un nouvel avenir de la métaphysique

=> L’avenir de la métaphysique est pratique, morale

        • On va justifier les idées (Dieu, le monde, le moi comme sujet) par un usage pratique

– La théorie du schématisme : comment concilier que psychologiquement toutes mes idées sont particulières et temporelles et que en même temps il y a des vérités qui transcendent le temps, i.e. qui sont universelles ?

  • Le concept de triangle ce n’est pas ce que l’on voit : le schème du triangle, c’est le concept du triangle temporalisé => c’est la série des opération concrètes que je fais avec la règle et le compas dans le temps pour construire sur la feuille de papier un triangle particulier, mais cette série est la même pour tout le monde et est intemporelle (la méthode de construction sera la même)

    => résolution de l’antinomie : la méthode de construction des objets scientifique est universelle, nécessaire, intemporelle mais elle se déroule dans le temps et elle aboutie à des objets particuliers

Bachelard « Rien n’est donné. Tout est construit » toute la rationalité du monde est introduite de l’extérieur par le savant qui va relier entre eux les phénomènes grâce aux connecteurs, les synthèses (les catégories de l’entendement)

        • Un connecteur est a priori : il est inhérent à la pensée humaine (e.g. la causalité)
          • Un jugement synthétique a priori relie un effet à une cause grâce au connecteur de la causalité (e.g. Claude Bernard dans la découverte de la fonction glycogénique du foie)

=> c’est la pensée du scientifique qui introduit de la rationalité dans la nature, il ne suffit plus de voir, il a fallu un travail intellectuel et l’ordre n’est plus donné par le cosmos

  • La finitude, nous sommes finis dans le temps (nous allons mourir) et dans l’espace (Kant commence par l’esthétique), le péché et l’erreur (nous ne savons pas tout), le monde est opaques
    • mais Dieu est omniscient, l’entendement infini, il a la science achevée, il voit tout et sait tout (Nietzsche rajoutera : « c’est très indiscret »)
  • Il n’y a plus de physique a priori comme chez Descartes et la science va devenir expérimentale dans l’espace et le temps : le vrai point de vue n’est plus celui de Dieu (Spinoza commence avec Dieu), mais de l’homme

  • Pour Kant Dieu devient une idée de la raison (j’ai l’idée d’un entendement infini et ce n’est pas parce que j’ai l’idée de Dieu, qu’il existe : on ne peut pas tirer l’existence de Dieu du concept de Dieu)

  • De même que le vrai est apporté par le savant grâce à ses connecteurs, le juste n’est pas ce qui est ajusté à l’ordre cosmique, mais un cosmos purement humain
PHILOSOPHIE PRATIQUE

– Rousseau : la différence entre l’animal et l’homme c’est la perfectibilité => l’être humain peut s’arracher aux déterminismes de la nature

  • L’animal est programmé (les abeilles pour fabriquer du miel) par son instinct naturel, et il n’est pas libre alors que dans l’être humain « la volonté parle encore quand la nature se tait » => c’est la liberté

    • L’être humain a une histoire car il est capable de s’arracher à la nature
    • La liberté est la capacité de s’arracher à ses intérêts particuliers

  • Postulat des grecs (stoïciens, épicuriens) : c’est par la connaissance que le bonheur est possible, c’est toujours la figure du sage qui est valorisée
  • Pour Rousseau, le fait d’être vertueux ne nous rend pas pour autant heureux => le savoir ne rend pas heureux
    • pas de lien analytique entre la vertu et le bonheur
  • Kant : la raison ne nous a pas été donnée en vue de notre bonheur (on n’est pas sur terre pour être heureux, le coté piétiste de Kant…)
    • La fin de la raison c’est d’instaurer une république d’esprits libres qui soient gouvernés par les lois de la raison : produire une bonne volonté fondée sur le devoir => l’état moral
      • une destination pratique de la raison
      • une métaphysique des mœurs où la raison n’a pas affaire à l’être mais au devoir être

« Sapere aude ! » (Horace, poète latin) : ose savoir/penser par toi-même = la devise des Lumières

        • Faire usage de son propre entendement

        • Il est indispensable de vivre ses propres expériences et de subir des échecs

– La morale = l’ensemble des règles qui font la différence entre ce qui est bien et ce qui est mal et qui sont imposés – une intention n’est morale que si je suis libre de la suivre ou de ne pas la suivre

  • de l’extérieur à nous : proviennent de la loi, de la religion, la culture, l’éducation
  • de l’intérieur, c’est la conscience morale : un retour par l’esprit qui revient sur ses actes afin de les juger et de les examiner. Elle est constituée
    • de ce qui nous vient de l’extérieur (la religion, la culture, l’éducation)
    • Freud : du surmoi qui est acquis par l’éducation, les interdits posés par les parents
    • Durkheim (sociologie) : c’est la société qui parle en nous, qui nous transmet cette conscience morale
    • Rousseau : elle est inné, en nous dès le départ, la morale est un instinct divin, immortel et céleste et qui créé l’amour du bien

– La morale devient l’altruisme basée sur l’autonomie

  • Elle n’est plus l’harmonie entre le Cosmos (qui pour les grecs anciens est divin, théion, harmonieux, juste, beau et bon, c’est un univers parfaitement organisé, les stoïciens le compare à un gros animal où tout est organisé, mais il est logos, accessible à la raison, il est rationnel, compréhensible) et moi
    • Pour les grecs anciens :
      • La connaissance est une activité de dévoilement et pas de mettre de l’ordre dans un chaos : le rôle de la théoria (theion orao : je vois le divin, je vois, contemple l’harmonie du monde) c’est la vérité, a-letheia, dévoiler l’harmonie du monde (la science est un dévoilement de quelque chose qui est déjà là et qui nous précède largement) => l’organisation rationnelle du monde ne dépend pas de la pensée humaine, il s’agit de découvrir un ordre qui est déjà là : le savant ne fait que découvrir le monde, pas une invention, il s’agit de voir
      • La morale va se penser par rapport à l’ordre cosmique : ce qui est juste c’est ce qui est ajusté à l’ordre cosmique, l’ordre de la cité (les meilleurs par nature sont en haut , les moyens par nature sont au milieu, les mauvais par nature sont en bas) => pour être moral il suffit de se mettre en harmonie avec l’harmonie du monde = le juste est celui qui est ajusté à l’ordre du monde
  • Elle n’est plus l’obéissance à Dieu (le Moyen-age chrétien)
  • Rousseau a montré à Kant une destination morale de l’usage de la raison
  • Pour Kant, la raison est présomptueuse : elle veut (connaître ces objets métaphysique qui dépassent l’expérience) mais elle ne peut pas => elle désire
    • Montaigne « l’homme, cet animal orgueilleux »
  • Kant est le premier à mettre en scène « la fin de la métaphysique »

« le champ de bataille de ces combats sans fin, voilà ce qu’on nomme métaphysique »

  • Une tendance naturelle de la raison à vouloir aller au-delà de ce qu’elle peut connaître (e.g. Dieu, l’immortalité de l’âme, le monde)

  • La raison dogmatique : elle prétend accéder à une connaissance de ce qui nous dépasse (la métaphysique) et elle réduit le connaissable, le pensable à une science (Descartes, Spinoza : il y a des démonstration de l’existence de Dieu !)

        • Un transfert des procédures de la mathématique dans la métaphysique !

    • Descartes a besoin d’une garantie transcendante (Dieu) pour fonder le savoir, un deus ex machina! qui garantit que ce qui est évident pour moi, mes idées, est vrai pour les choses

=> Pour Kant on peut avoir l’idée d’un être existant nécessairement sans que cet être existe : ne pas attribuer par la pensée sa loi aux choses

  • Postulat de Kant : la raison est pratique (=morale) car elle est capable par elle-seule de produire une loi à laquelle je dois obéir en tant que sujet moral
    • On ne peut pas trancher théoriquement mais on peut trancher pratiquement, i.e. du point de vue moral, la conviction, l’espérance, etc. le domaine de la croyance => l’enjeu pratique décisif :
      • les actions des individus : que dois-je faire ?
      • leurs vies en ensemble : comment vivre ensemble ? Les fondements du droit
    • Kant défend la science dans son domaine et il est strictement matérialiste
      • Dans le domaine de la croyance, toute la place est libre pour la morale et pour le droit : pour agir moralement nous n’avons pas besoin de la connaissance mais de la croyance
        • La religion a une dimension pratique du point de vue de la moral=> La séparation kantienne entre le savoir et les croyances
    • Postuler l’immortalité de l’âme
      • Cela doit rester du domaine de l’espérance et pas de la science : ne pas sortir de ce qui est permis => chasser la métaphysique traditionnelle du domaine de la science, la raison ne doit pas s’égarer au-delà des limites de l’expérience
        • Cela a une conséquence directe : permet de rendre possible une vie après la mort et donc d’une rétribution possible => cela donne un sens à la morale, une utilité du point de vue morale

La dialectique transcendantale ne traite plus de ce qui est donné dans le monde (les phénomènes) mais de choses qui se situent au-delà de ce que je peux percevoir (l’âme, le monde et Dieu)

=> puisqu’elles ne sont pas données dans l’expérience sensible, alors ces choses on peut les penser mais d’aucune manière les connaître

– Kant a une éthique de la vertu : une éthique anti-conséquentialiste

  • Le commerçant qui rend le porte monnaie (qui a été oublié dans son magasin) par intérêt pour que le client revienne (un acte social), c’est une logique hypothétique (si je veux que mon client revienne alors…), mais pas par devoir (un acte moral) qui est une logique catégorique (une injonction, une obligation inconditionnelle, indépendant des circonstances de l’action présente : « Agit de tel sorte … »
  • L’action n’est pas morale en fonction de son but (e.g. faire le bien, être gentil, par intérêt)
  • Une démarche libre et désintéressée

« tu dois, donc tu peux » chacun doit remplir son devoir

La raison nous donne des lois, cela nous vient de la conscience : pour connaître son devoir, l’homme dispose d’une loi morale dictée par la raison = l’impératif catégorique

  • La loi morale c’est ne vouloir que ce qui ne peut qu’être universellement voulu par tous et cela a un caractère émancipateur car elle nous libère des contraintes dues à nos désirs
    • Une morale fondée sur une loi absolue, inconditionnée : l’impératif catégorique qui doit faire abstraction des circonstances
      • Universaliser sa maxime : il faut que ce que je projette de faire ne soit pas contradictoire, maintienne un monde cohérent (si tout le monde mentait ce serait un monde où la vérité disparaîtrait ce qui rendrait le mensonge absurde, de même pour le vol, il n’y aurait plus de propriété privée)
    • La loi morale concerne les cas où il y a risque d’attenter à la personne et à la liberté des autres (pas « une chausse-trappe de la moralité »)

  • L’impératif catégorique oblige à agir par devoir indépendamment des conséquence pour son propre bonheur

  • « l’idée commune du devoir et de la loi morale » pour Kant c’est une évidence que tout le monde à une idée du devoir et de la loi morale => on a la loi morale en nous

    • La raison nous impose avec nécessité la loi morale, donnée immédiatement, c’est « un fait de la raison », s’oppose à une déduction, ne résulte d’aucun élément antérieur ou extérieure de la raison

      • il y aurait une évidence d’une loi morale en nous … mais on a le sentiment que la notion d’obligation, le devoir a été construite progressivement par notre éducation …

      • Pourquoi un tel privilège exorbitant à la raison ? Pourquoi ce besoin de poser un impératif catégorique et absolu !

    • L’obéissance à la loi morale qui s’exprime impérativement dans la conscience du sujet pratique

    • La loi morale s’impose à nous par elle-même comme une proposition synthétique a priori : elle ajoute qque chose au sujet mais qui n’est pas compris dans l’essence du sujet mais a priori (sans recourir à l’expérience)

  • La morale n’est pas fondée sur de l’empirique (qui n’atteint pas la nécessité), e.g. la nature humaine, ni sur la psychologie (e.g. volonté vs les désirs)

  • La morale est fondée sur l’obligation, le respect du devoir en tant que devoir = une nécessité absolue, une évidence, inconditionnel = la loi morale n’est pas conditionnée, ne dépend pas d’une condition (si on veut que l’espèce humaine survive alors …, si on veut que les hommes vivent ensemble alors …)

    • « l’impératif catégorique » : une obligation absolue (universelle) = inconditionnelle (sans condition, e.g. pas en fonction d’un certain plaisir) qui est sont propre but = le devoir pour le devoir

    • Une morale qui est sa propre fin, le devoir pour le devoir lui-même, le respect de l’obligation pour le respect, pas pour le plaisir, une morale qui ne repose pas sur la sympathie envers ses semblables (venir en aide à celui qui est dans la souffrance)

      • Pour Kant c’est présomptueux de compter sur nos tendances naturelles (la sympathie envers ses semblables) qui seraient suffisantes pour agir bien (la nature corrompue de l’homme…)

  • La loi morale est purement formelle (la pure forme du « tu dois », une obligation de), pas de contenu pour être dans l’a priori (aucune info venant de l’expérience), une pure nécessité d’obéir à cette loi = « un principe a priori de la raison pure » (sans recours à l’expérience sensible, opposé à toutes nos observations, nos tendances sensible, donc obtenu par simple raisonnement), on a d’abord conscience du devoir et ensuite on remonte au concept de la liberté qui s’éprouve contre la sensibilité
      • cette loi morale est

        • un impératif (formulé sous la forme du verbe devoir – « tu dois »)

        • objective (universel = valide pour tout être raisonnable, pas subjectif)

        • catégorique (opposition avec hypothétique, pas une réponse avec une hypothèse (si je veux qque chose alors ..), ne souffre aucune exception c’est absolu)
    • Comment donner un contenu ? Quelles choses on doit faire, et lesquelles on ne doit pas faire ? Ce que nous ont dit nos éducateurs ? Non, car ce serait le retour de l’empirique… => Kant introduit des préceptes d’application de la loi morale à chaque situation d’action
      • 1ère formule de l’impératif catégorique : un principe d’universalité

« agit de telle sorte que la maxime de ta volonté puisse toujours valoir en même temps comme principe d’une législation universelle »

=> La maxime de mon action pour être morale doit pouvoir être généralisable = est-ce que tout le monde peut se donner cette maxime ?  : est-ce que tout le monde pourrais agir comme moi dans TOUTES les circonstances ? Si tout le monde agit comme ce que je fais là, qu’est-ce que cela donnerait ? Si oui, alors mon action est morale.

      • Une maxime est une règle subjective que l’on se donne à soi même (alors qu’une loi est une règle objective universelle), mais une maxime pour être morale doit pouvoir être un principe d’une législation universelle = tout le monde peut se donner la même maxime

        • Mais comment trouver les critères de l’universalisation ? Tout le monde peut le faire sans qu’il y ait de problèmes ?

        • Problème : Kant ne donne pas les critères sur lesquels se baser pour décider si ma maxime est universalisable …

      • 2ème formule de l’impératif catégorique

« agit de façon à traiter l’humanité en toi et en autrui non seulement comme un moyen, mais avant tout comme une fin valant pour elle-même »

=> il faut respecter la liberté de tout homme (moi compris) qui ne doit pas être considéré comme un instrument (e.g. l’esclavage) mais comme une fin

      • 3ème formule de l’impératif catégorique = un principe d’autonomie

« agi toujours comme si tu était législateur et sujet dans la république des volontés libres et raisonnables»

  • La morale utilitariste est compatible avec le précepte de Kant : agir de telle sorte que cela ne nuise pas aux autres et à la société

  • Elle est intransigeante : quelques soient les conséquences à subir pour l’avoir respectée

  • L’homme peut se déterminer d’après une valeur absolue

    • elle est absolument indépendante des circonstances et des intérêts, l’homme doit dépasser le domaine sensible, un absolu qui doit triompher de l’intérêt relatif

      • e.g. Antigone n’exige pas une sépulture pour Polynice par intérêt, elle a « le sens du devoir »

– Un devoir de mensonge, la querelle entre Kant et Benjamin Constant sur un exemple d’un impératif que l’on ne peut pas appliquer dans toutes les situations : « tu dois dire la vérité »

  • Benjamin Constant : Il y a des situations où il ne faut pas dire la vérité (le réfugier politique innocent que je cache chez moi et on me demande si il est chez moi)

=> Il y a des exceptions : si mon interlocuteur a le droit de recevoir la vérité alors j’ai le devoir de la lui donner, mais certaines personnes qui n’ont pas le droit à la vérité (e.g. ce sont des assassins), un devoir de mensonge

  • Réponse de Kant dans Sur un prétendu droit de mentir par humanité : il reste inflexible, le droit est un absolu, on se le donne à soi-même et à toute l’humanité tout entière et qui va choisir qui a le droit et qui n’a pas le droit ? Et si on accepte des exceptions à l’impératif catégorique, alors n’importe qui pourra toujours douter de la véracité des propos qu’on lui donne et donc on ruine toutes les relations à l’intérieur de l’humanité, ruine toute possibilité de confiance => si qqun meurt parce que j’ai dit la vérité alors je ne suis pas responsable du fait qu’il est mort, moi je n’ai fait que mon devoir, j’ai respecté l’obligation morale, je suis sans reproche ce n’est pas ma faute si il est mort…

« même si il ne nuit pas à un autre homme, il nuit à l’humanité en général en ce qu’il rend impossible la source du droit »

  • Charles Péguy « le kantisme a les mains pures, mais il n’a pas de mains » Kant est une « belle âme » mais qui ignore le réel …

– Par le devoir nous avons une connaissance morale de la liberté

  • La liberté est un absolu (tout comme Dieu et l’immortalité de l’âme) mais ce n’est pas un objet car on ne peut pas en faire l’expérience : nous ne pouvons pas la maîtriser, en avoir une définition close
  • La loi morale en moi me rend libre : la capacité d’être totalement indépendant du monde dans mes choix et de m’appuyer que sur la loi pure et la raison = la véritable autonomie
    • Dans mes choix je ne dépends de rien d’autre que ce que je dois vouloir
      • Suivre non pas sa sensibilité, mais bien plutôt un devoir dicté par la raison, suivre une loi morale (autonomie) totalement indépendante de nos buts particuliers ou des circonstances extérieures (hétéronomie)
    • Par la connaissance on a d’abord la loi morale (l’idée du devoir) et de là on remonte à la connaissance de la liberté comme une nécessité (si il n’y avait pas de liberté alors il n’y aurait pas de loi morale car on ne serait pas indépendant de toutes les sollicitations de l’extérieur et de la sensibilité) => le sujet découvre qu’il peut échapper à l’enchaînement mécanique des causes et des effets
      • La liberté est la raison d’être (ratio essendi) de la loi morale

        • Ontologiquement : la loi morale dépend de la liberté (si pas de liberté alors il n’y aurait pas de loi morale car on ne serait pas indépendant de toutes les sollicitations de l’extérieur et de la sensibilité)

      • La loi morale est le principe de connaissance (ratio cognoscendi) de la liberté

    • Le sens transcendantal de la liberté : elle est condition de possibilité d’une action : la liberté est une condition de possibilité indispensable pour rendre compte de la loi morale (la liberté dans le sens transcendantal = condition de possibilité d’une action morale)
    • La liberté est aussi appelé par Kant « autonomie » (capacité de se donner à soi-même ses propres lois) mais ne veut pas dire que chacun est son propre juge de ce qu’il doit ou pas faire, ce n’est pas un choix ni une évaluation individuelle, mais au sens que c’est la raison qui se donne à elle-même sa loi, mais cette loi est absolue, formelle et inconditionnelle, la loi s’impose d’elle-même à la raison

« on peut appeler la conscience de cette loi fondamentale un fait de la raison »

      • La loi à laquelle je me soumets (sous la forme d’un impératif catégorique) ne m’est pas imposée de l’extérieur, mais vient de ma propre conscience : je suis libre lorsque j’obéis au commandement moral parce que c’est moi-même qui me le prescrits

      • La liberté s’oppose à toutes nos tendances naturelles et elle est indispensable pour la loi morale 

        • c’est une faculté de résistance à toutes nos tendances
    • L’action est libre lorsque la conscience se détermine “contre” les désirs sensibles, en fonction d’un principe rationnel

        • « le mal radical » la tendance de l’homme à désobéir à la loi morale en subordonnant son devoir à la satisfaction des son désir égoïste

      • Si je trouve un portefeuille dans la rue, j’ai le devoir moral de le rendre. Or pour cela, il faut que j’aie la liberté de m’opposer à mes désirs, en l’occurrence à mon désir égoïste de garder l’argent pour moi
        • « Tu dois donc tu peux » : nous ne sentirions pas en nous le devoir de faire une chose, si nous n’avions pas la possibilité de faire cette chose

  • Si on peut tout connaître alors il n’y a pas de liberté (tout est soumis aux lois de la causalité, tout est nécessaire) ou bien alors il y a de la liberté mais alors on ne peut pas tout connaître

=> la solution de Kant (la thèse et l’antithèse sont vraies en même temps mais de 2 points de vues différents)

    • du point de vue de l’entendement, de la connaissance scientifique : tous les phénomènes ont une cause et donc il n’y pas de liberté => la science est certaine dans son champ propre qui est celui de la nature avec les phénomènes

      • une critique du scientisme où ses procédures sont sensées être valables pour l’être

    • du point de vue de la chose en soi, de l’intelligible : l’homme peut être déclaré libre => une prise de conscience de notre liberté, une expérience morale du monde (comme sujet moral être amené à pouvoir toujours résister à mes ses désirs sensibles, pouvoir sacrifier mes désirs à l’universel)

  • Adolf Eichmann a dit lors de son procès qu’il était kantien (il a dit avoir fait son devoir et obéi de manière inconditionnelle aux ordres de ses chefs)

==================== LEXIQUE =======================

a priori, pure, transcendantal  : sans recourir à l’expérience, ne dépend pas de l’expérience, ce qui précède l’expérience, rien d’empirique n’est mélangé

antinomie = contradiction absolue entre 2 thèses

autonomie : se donner à soi-même sa propre loi

la cosmologie rationnelle est une science qui s’occupe de répondre de ce qu’il faut pour faire un « monde » : Quel est le meilleur des monde possible ? Le monde a-t-il un commencement ou est-il éternel ? La liberté existe-t-elle ?

  • « le monde » pour les métaphysiciens = c’est la totalité de ce qui est, a été et sera moins Dieu (qui est hors du monde et est absolument nécessaire)

critique (Kant) : définir les conditions dans lesquelles l’usage de la raison est légitime pour déterminer ce que l’on peut connaître, ce qu’il faut faire, et ce qu’il est permis d’espérer

épistémologue : théoricien de la science

idéalisme de Platon : l’allégorie de la caverne montre que ces prisonniers qui ne se rendent pas compte qu’ils ne voient que des ombres, des apparences des choses et qu’il s’agit d’accéder au monde des Idées

  • Tout ce qui relève de la sensibilité est considéré comme quelque chose d’inintéressante

Leibnitz : la bonté de Dieu (« théodicée ») qui a créé le meilleur des mondes possibles et donc tout autre monde serait pire que celui qui existe

misologie : formé à partir de misos (« la haine ») et logos (« la raison »), la haine de la raison, le dégoût ou la répulsion qu’un individu peut éprouver pour les raisonnements de la logique formelle

ontologie (ce qu’il y a) versus épistémologie (ce que nous savons)

paralogisme : vice de raisonnement, un raisonnement erroné dont les sophistes en étaient friands

le geste platonicien (un geste identique à celui des que les religions) : le sensible est toujours décevant du point de vue de nos attentes (toujours changeant, partiel) et la raison qui exige un savoir cohérent, total, d’accéder à un autre monde, le monde des Idées, intelligible, qui correspond parfaitement à ce qu’elle attend de lui

proposition analytique : on analyse ce qu’est le sujet, développe son essence, (il n’y a que les propositions synthétiques qui font progresser le savoir d’un objet)

  • Exemple par excellence de propositions synthétiques a priori : les mathématiques (on ajoute sans cesse de nouvelles connaissances, par des déductions à partir des seuls axiomes que l’on a posé au départ sans recourir aux choses de l’expérience)

prolégomène : remarque introductive

la représentation : l’objet tel qu’il existe dans la conscience

  • un concept : une représentation générale, un prédicat (e.g. le rouge qui peut servir à qualifier plusieurs sujets)
  • une intuition : une représentation particulière

universel (s’oppose à général) : valable en tout lieu et en tout temps

=================== CONFERENCES / MOOC / DOCUMENTATION =================

Une Vie, une œuvre : Emmanuel Kant, ou l’amour fou de la métaphysique (1724-1804) >>> https://www.youtube.com/watch?v=1T7OS-RUEus

Les Derniers Jours D’Emmanuel Kant : le film >>> https://www.youtube.com/watch?v=BYGGHlgpdlw

Parenthèse Culture 10 – Luc Ferry – La révolution de l’humanisme moderne II : Kant et les Lumières >>> https://www.youtube.com/watch?v=buB9kVXfBZE

Emmanuel Kant (1/5) : Critique de la raison pure >>> https://www.youtube.com/watch?v=6t37w0gUm2Q

Emmanuel Kant (2/5) : Écrits moraux, Critique de la raison pratique >>> https://www.youtube.com/watch?v=zV1qD_sJH9s

La Critique de la raison pure (1/4) : Le monde : entre déterminisme et liberté >>> https://www.youtube.com/watch?v=R2u9HCdSlMM

La Critique de la raison pure (2/4) : Qu’est-ce qu’une chose en soi ? >>> https://www.youtube.com/watch?v=H7I3hY3Na5U&t=242s

La Critique de la raison pure (3/4) : Comment défendre la croyance ? >>> https://www.youtube.com/watch?v=gDDO0M7uAWY&t=1s

La Critique de la raison pure (4/4) : La fin d’un « Je » >>> https://www.youtube.com/watch?v=lLG_nYlRxZo

Les fondements de la métaphysique des mœurs >>> https://fr.wikisource.org/wiki/Fondements_de_la_métaphysique_des_mœurs

Qu’est-ce que s’orienter dans la pensée ? >>> https://fr.wikisource.org/wiki/Qu’est-ce_que_s’orienter_dans_la_pensée_%3F

Anthropologie d’un point de vue pragmatique >>> https://fr.wikisource.org/wiki/Anthropologied’unpointdevuepragmatique

Qu’est-ce que les Lumières >>> https://fr.wikisource.org/wiki/Qu’est-ce_que_les_Lumières_%3F

Le criticisme kantien >>> https://www.youtube.com/watch?v=PY1lJRJB66U

émission cogito: Kant >>> https://www.youtube.com/watch?v=di1gZHPItcc

Kant 4: Le Vrai – Critique de la Raison Pure >>> https://www.youtube.com/watch?v=DtQL78y__NU

Emmanuel Kant – Michel Foucault : qu’est-ce que les Lumières ? (1784-1983) (partie 2) >>> https://www.youtube.com/watch?v=_-H-1ENt440

Kant et sa philosophie >>> https://fr.wikisource.org/wiki/Kant_et_sa_philosophie

CHOSES EN SOI : « Kant, Kant, Kant » (Paul CLAVIER, Maurizio FERRARIS) >>> https://www.youtube.com/watch?v=-XK-aUHgLCg&t=1s

Eric Fiat – La dignité – Conception kantienne (4/6) >>> https://www.youtube.com/watch?v=0O0d2uvCbVI