Amour passion versus « le vrai amour »

Camus « Ne marche pas devant moi, je ne suivrai peut-être pas. Ne marche pas derrière moi, je ne te guiderai peut-être pas. Marche à côté de moi et sois mon ami »

– L’amour est le manque infini d’un autre que moi

  • C’est la révélation que nous ne sommes pas des entités suffisantes (c.f. le mythe des androgynes d’Aristophane dans Le Banquet de Platon)
    • Le désir est indexé sur le manque

– Le mot amour est un mot qui ne couvre pas l’ensemble des états amoureux des individus amoureux (à la différence par exemple du mot « chat » qui subsume tous les chats)

  • Il signifie que l’on se réfère à un enjeu
    • Réaliser l’amour dans l’existence humaine : c’est une exigence de vivre quelque chose qui soit à la hauteur de l’amour
  • Les vertus de l’amoureux : douceur, patience, bienveillance, compréhension, dévouement, sacrifice, etc.

– L’amour est-il

  • une émotion ? (c’est quelque chose de fugace)
  • le désir ? (c’est quelque chose de fugace)
  • une certaine passion ?
  • le soucis de l’autre ?
  • la joie que j’éprouve en y pensant, en sa présence ?
  • un motif d’action ?
    • e.g. aimer c’est vouloir faire à autrui du bien ?

– L’amour est

  • Un état
  • Une disposition
  • Une relation entre les amants

– L’amour, c’est le souci du bien de l’aimer ?

  • Pas forcément, car parfois quand l’amoureux est jaloux, il désire œuvrer à la perte de l’autre

– L’amour, c’est éprouver de la joie en présence de l’être aimé ?

  • Pas forcément, car parfois il y a des couples qui ne peuvent plus se supporter
    • Ovide « ni sans toi, ni avec toi »

– Les 3 traits définitionnels de l’amour

  • AMITIE
    • Une relation élective à autrui qui est un autre soi => l’amitié est injuste
      • Pas une relation imposée comme au travail, ni de la charité ou de la justice
      • Pas des devoirs, ni des vertus
    • Aristote, un ami c’est « un autre moi-même » qui me permet de prendre conscience de ce que je fais sous son regard
    • On éprouve de la joie en présence de l’autre 
      • La présence de l’autre réjouit
    • Produit des motifs d’action : se soucier de l’autre
      • On lui veut du bien, on agit pour lui en faire : la bienveillance
  • DESIR
    • C’est une disposition
    • L’amoureux désir toucher l’autre, pas d’amour sans éros
  • PASSION
    • Un état affectif intense focalisé sur l’autre, s’empare du sujet en dépit de sa volonté et de sa raison, aliène

– Un triangle de l’amour constitué de 3 sommets qui sont les 3 composantes de l’amour : AMITIE, DESIR et PASSION

  • La variabilité infinie des formes d’amour du fait de la variabilité quantitative et qualitative des 3 composantes
    • Il y a des amours plutôt passionnels, ou plutôt amicaux, etc.
  • Nota : S’il n’y a qu’un seul des 3 composants (que de l’amitié ou que du désir ou que de la passion) alors ce n’est pas l’amour

– Un trajet banal, les 3 grandes étapes

  1. L’étape désirant (le « coup de foudre »)
  2. Puis, l’étape passionnel (monomanie)
  3. Et enfin, l’étape l’amical (le couple)

– Autre « trajet » possible : copinage => sexe => tourmente

– Des amours incomplets = une combinatoire où il manque une des 3 composantes de l’amour

  • DESIR + PASSION : l’érotisme passionnel, la passion érotique 
    • e.g. dans le film d’Oshima : L’empire des sens
  • AMITIE + PASSION : une passion amicale = un amour sans désir 
    • Nietzsche & Wagner : un amour platonique, le désir est sublimé, refoulé, une amitié dévorante
    • Les « vieux amants » : une affection fusionnelle, le désir s’est progressivement évanoui
      • Les esprits sont devenus 1, les corps sont devenus 2
  • DESIR + AMITIE : un amour sans passion, sans possession, sans jalousie, ni d’exclusivité 
    • Les « sex friend »
    • Le libertinage complice

– L’amour, à la différence de l’amitié, n’est pas essentiellement réciproque

  • C’est du fait de l’existence des composantes PASSION ou DESIR qui ne sont pas réciproques par essence
  • Une demande égoïste de réciprocité : le plus grand désir de l’amoureux est de se faire aimer
    • S’il n’y avait que le désir, alors l’amour se contenterait de la simple possession
    • Des 3 composantes de l’amour, il n’y a que l’amical qui soit réciproque par essence
      • On peut continuer d’aimer l’infidèle
        • alors qu’on ne peut plus être un ami avec un ami déloyal
L’AMOUR PASSION

Le corps qui commande et pas la raison : la dimension érotique

  • l’amour fou (« le coup de foudre »)
    • peut conduire à agir de façon irrationnelle car c’est surtout le corps qui parle
      • C’est l’amour physique : désir appelant contact

Une attirance, une pulsion

  • Une tension, mouvement, élan, les « atomes crochus »
  • Souvent dénoncé mais aussi glorifié
    • Hegel « Rien de grand ne s’est accompli dans le monde sans passion »

La versatilité et l’intermittence

  • Opposé à la solidité et la constance de l’amitié

Peut être violent

  • A l’opposé de la douceur et de la constance de l’amitié qui est une liberté, un consentement pas une passion

Inassouvissable, infini

  • Le désir sans fin (cf. le mythe du tonneau des Danaïdes)

Possessif, jaloux, dominateur, égoïste

  • c’est l’amour qui prend et qui consomme

Est contradictoire : a une structure dialectique

  • Se nourrit presque autant de l’absence de l’être aimé (besoin du manque, si en « perfusion » alors le désir disparaît) que de sa présence
    • Il faut qu’il y ait du manque pour qu’il y ait du désir et il faut du désir pour qu’il y ait du plaisir : manque désir plaisir
      • Dans le mariage l’objet du désir est toujours présent…organiser des petites ruptures pour relancer le désir (« réconciliation sur l’oreiller »)

Traite l’autre comme un moyen de satisfaction de soi

  • C’est à l’opposé du principe fondamental de la morale kantienne
    • L’impératif catégorique kantien = traiter l’autre toujours comme une fin et jamais seulement comme un moyen

Nous ne pouvons pas être amoureux de n’importe qui = l’élan amoureux auquel on n’y peut rien

  • èros est un élan amoureux de la vie, il nous traverse et pour lequel on ne peut rien
    • Les « atomes crochus » qui veulent crocheter…
      • C’est la Vie que se cherche
      • Avec le manque quand l’autre n’est pas là
        • La chanson de Gainsbourg : l’amour physique est sans issue
          • C’est effectivement sans issue si on cherche à nourrir son besoin de communion
    • C’est le sexe, la passion dévorante, aliénante, égoïste
      • Aliène (étymologie = rendre autre) l’autre = vouloir changer l’autre => à terme détruit l’autre
      • C’est l’amour de l’autre pour moi-même
  • C’est une relation qui ne contribue pas à l’épanouissement de mon être

– C’est un amour destructeur

  • Tristan et Iseult : elle est mariée, mariage de raison => un amour passion qui conduit à la mort
    • C’est un amour impossible car il contredit des codes de la société
      • Représente la divergence entre l’amour stratégique (le mariage) et la passion
  • Roméo et Juliette
    • Un amour qui contredit l’ordre social

– Ce n’est pas aimer vraiment l’autre

  • C’est aimer ce que l’autre nous apporte (e.g. sa beauté, ma jouissance qu’elle nous provoque)
  • L’autre n’est qu’un autre nous-même => c’est nier l’autre
    • Robert MUSIL, l’homme sans qualité « la passion amoureuse c’est toujours s’imaginer soi-même, s’observer derrière le rideau des yeux de l’autre »
      • J’aime l’autre pour l’image qu’il me revoie = le narcissisme

– C’est un amour qui ne dure pas : l’élan amoureux est une étincelle et si on ne construit pas un feu avec un foyer, cela s’éteint

  • L’idéalisation de l’autre=> c’est une illusion => finit toujours dans une impasse
    • Le Prince charmant / la Princesse
    • Au début il y a cristallisation (Stendhal) => c’est « la fête »
      • C’est un faux amour = on n’aime pas l’autre lui-même
        • Sera ensuite remplacée par de la déception, des exigences, des reproches, des mensonges, etc.
          • Passage d’un extrême à l’autre : idéalisation à dépréciation
  • Schopenhauer « une ruse de la Nature »
  • Il nous pousse à copuler

– Freud : c’est une mécanique propre à la structure de notre personnalité qui nous pousse à l’amour passion

  • C’est trouver dans l’autre cette exigence (le sur-moi) que l’on a de nous-même : nous valoriser
    • C’est un narcissisme, nous avons un idéal du moi
LE « VRAI AMOUR »

C’est la forme spirituelle et éthique de l’éros

  • Une sublimation du désir
    • Dans le mariage : c’est l’étincelle (éros) qui devient un foyer (philia)

L’amour permet d’être soi

  • Pas je, mais être soi-autre :
    • Ce n’est que par rapport à un autre qu’être soi est possible
  • L’amour est un don qui permet à chacun d’être lui-même, ce qui lui est propre
  • Nous sommes tous des êtres incomplets
    • Aimer, c’est aussi accepter que l’autre ne nous comble pas complètement
      • L’autre ne peut pas répondre à toutes nos attentes
  • L’autre est quelqu’un qui nous donne la totale liberté d’être soi-même
    • L’autre accepte qui je suis
      • Mais aussi m’aide à devenir ce que je dois être, à m’épanouir
        • Nietzsche « devient ce que tu es »

Dans une relation d’amour il y a partage de valeurs morales communes

  • Pouvoir dire ce que l’on pense sans heurter le système de valeurs de l’autre
    • et sans juger l’autre

On donne sans calcul et celui qui reçoit fait don de sa réception

  • Aristote : « l’amitié consiste à aimer plus qu’à être aimé »
  • Donner sans attendre
    • Mais recevoir aussi, sinon on s’épuise, et la source se tarie
      • L’altruisme est originairement égoïste, et l’amour ne se peut concevoir que dans une dialectique où l’on est celui qui reçoit avant d’être celui qui donne
    • Ne rien attendre de l’autre : ce n’est pas du donnant-donnant
      • On s’engage par rapport à l’autre à lui souhaiter ce qu’il lui faut pour être
        • Pas nécessairement des cadeaux extérieurs, mais un engagement de notre être envers l’être de l’autre
    • Ne rien demander à l’autre
      • L’autre saura nous aider sans que l’on ait à le lui demander
    • L’amour n’a d’autre fin qu’elle-même (autotélique)
      • Il n’est pas fondé sur l’utilité ou la recherche du plaisir

Une liberté de choisir d’être amant

  • L’autre est élu librement
    • à la différence des relations de parenté excluant le choix (on peut subir sa famille), marquées par l’inégalité (l’aîné n’est pas le cadet) et souvent empoisonnées par des affects (e.g la jalousie)

La bienveillance qui doit être réciproque

  • Souhaiter tout ce qui est bon pour l’autre
    • On ne suppose même pas que l’autre puisse se retrouver dans le besoin tant on se soucie véritablement de lui procurer le meilleur sans jamais qu’il ait à la demander
      • L’écoute réciproque, être attentif à l’autre
        • Le plaisir de la conversation, le partage de peines et de bonheurs
          • Ne pas interpréter => demander à reformuler
    • Contribuer au bien-être de l’autre, nourrir ses besoins
      • L’entraide, l’échange de conseils, le soutien, rester toujours disponible

Accepter l’autre tel qu’il est : on l’aime comme tel et pour ce qu’il est

  • Aimer l’autre en vue de ce qu’il est, de le laisser déployer son propre être et pas pour autre chose (e.g. pas pour son argent, pas parce qu’il est sympathique)

Faire confiance en l’autre, pouvoir lui faire des confidences sans penser qu’il pourrait nous trahir

  • Nietzsche « Ce qui me rend triste ce n’est pas que tu m’aies menti, c’est que dorénavant je ne pourrais plus te faire confiance »

Lui laisser son jardin secret

  • Ne pas vouloir tout savoir sur l’autre, ne pas envahir son espace de liberté
    • L’amour c’est la reconnaissance de l’altérité radicale de l’autre
      • de son irréductible secret, qui est à la base de la relation d’amour

La présence de l’autre est une fête, la joie d’aimer

  • « Aimer c’est se réjouir » Aristote

– L’amour est totalitaire 

  • Il contamine tous les moments de la vie
  • Chaque amour prétend l’être pour toujours, jusqu’à ce que la mort arrive

L’amour d’un être est le chemin vers le véritable amour qui est l’amour de Dieu ?

  • Dieu nous aime du seul amour vrai, absolu, désintéressé, généreux, protecteur, etc…

– Aimer vraiment c’est aimer un autre que moi

  • Mais du fait de cette relation, l’autre est aussi en moi
    • où cet autre compte pour moi comme moi-même je compte pour moi => le concept d’altérité bascule dans l’amour

– L’amour c’est une action

  • C’est un élan de contribuer à nourrir les besoins de l’autre
    • Tout autant de ce que nous ressentons quand l’autre contribue à nourrir nos besoins
  • Nous pouvons aimer tout être humain qui contribue à nourrir mes besoins

– C’est l’amour de l’autre pour l’autre et pas pour moi-même

  • Sous la forme de la gratitude ou au mieux de la générosité
UNE SOLUTION EST-ELLE POSSIBLE ?

– Nous sommes tiraillés entre ces 2 amours (l’amour passion et le « vrai amour »)

  • Auparavant, le mariage n’avait rien voir avec la passion
  • C’était une union sociale : une stratégie (e.g. pour réunir des terres, les Rois de France)
    • Des mariages « forcés »
  • La part de nous-même qui se respecte, cherche à prendre soin d’elle-même et la limite c’est
    • Est-ce que c’est confortable dans cette relation ?
      • Y a-t-il de la joie ?

– La relation doit être un espace de joie : les 5 aspirations

  1. Être épanoui => la joie de gouter ce que je suis
    •  Comprendre ce qu’est l’amour = devenir mon grand amour
      • Le grand amour de ma vie, c’est moi
        • Ne pas attendre la complétude de l’autre, ne plus attendre une nourriture de l’autre
          • La complétude est en soi-même
            • Je n’ai pas besoin de l’autre comme soutien
          • Mais l’autre est également une source de joie
    • La relation ne doit pas m’empêcher de me donner la nourriture que je sais me donner moi-même
      • La relation ne doit pas être un obstacle à ce que je goute ce que je suis : l’autre ne doit pas être un empêchement pour mon épanouissement
  1. Rayonner son être et sa joie
    • C’est la joie d’exprimer ce que je suis 
  2. La joie d’offrir ce que je suis
    • Avec le sentiment que j’ai que l’autre semble recevoir ce que je suis comme un cadeau
      • Si pour être avec l’autre je ne dois plus être ce que je suis, alors quel est le sens de cette relation ?
  3. La joie de recevoir ce que l’autre est
    • C’est un élan et pas une contrainte pour contribuer à nourrir les besoins de l’autre (e.g. je ne dois pas me forcer à pratique la même activité que l’autre alors qu’elle me fait peur)
      • Différence entre effort et ce qui me coute
        • Je peux faire un effort pour contribuer à nourrit l’autre, mais cela ne me coute pas, c’est dans la joie
          • La relation doit toujours être dans la joie
  4. Et en fin de compte, la joie de gouter ce que nous sommes ensemble

– Un amour inconditionnel (i.e. sans condition) est-il vraiment souhaitable ?

  • Sans attendre de retour = quel que soit ses actions envers moi ?
  • Mais pourquoi une telle exigence ?
  • Pour moins souffrir ?
    • C’est une illusion : on veut chercher à éviter une douleur qui est inévitable
  • Nous devons accepter inconditionnellement notre condition humaine
    • Étant humain nous sommes forcément insatisfaits, car nous sommes limités = la « finitude »
      • Nos capacités sont limitées, et nous allons mourir
      • Spinoza « nous ne sommes pas un empire dans un empire » => nous ne sommes pas seuls et sommes soumis aux lois de la Nature
    • Y compris accepter la part de nous-même qui ne veut pas accepter inconditionnellement notre condition humaine

– Arriver à un compromis : une passion (égoïste) qui contienne de l’amour (altruiste) => tenir ensemble les 2

  • On ne peut pas éviter la passion : il faut la traverser
    • La passion est une expérience douloureuse
  • La juste mesure (Aristote) entre Moi et l’Autre
    • Si que pour moi => destructeur
    • Si que pour l’autre => frustration
  • Le temps et la connaissance de l’autre change la passion en amour
    • Mais il faut garder un peu de la passion dans l’amour, sinon c’est triste
      • Comment éduquer l’amour ?
        • Comment maintenir le feu pour avoir un foyer ?

Réussir une conjonction transcendante de la sexualité et de l’amitié = cela s’appelle l’intimité ?

  • La position sceptique sur l’amour 
    • L’amour ne serait qu’une série d’épisodes amicaux et une série d’épisodes sexuels = une amitié sexuelle (une intersection entre de 2 ensembles)
  • Mais l’amour transcende les 2 significations de base = plus que la somme logique de l’amitié et de la sexualité
    • L’amour intègre les 2 (AMOUR et PASSION) tout en les dépassant (la transcendance)
    • Quand il y a le passage de l’amitié à l’amour c’est une révolution
      • Ce n’est pas juste rajouter un caractère (la sexualité)
        • La sexualité n’est pas l’amour, ce n’est pas la garantie du passage à l’amour
Aristote

Commencer par être l’ami de soi-même : aime et on t’aimera

L’ami est un autre moi-même, un alter-égo

« sans ami, personne ne choisirait de vivre »

« l’amitié consiste à aimer plus qu’à être aimé »

« Aimer c’est se réjouir »

Platon

« L’amitié, c’est une égalité qui s’établit et qui se conserve par la conformité des mœurs »

Cicéron

« L’amour est le désir d’obtenir l’amitié d’une personne qui nous attire par sa beauté »

Sénèque

L’amitié est une relation vers le summum du désintéressement

Une relation psychagogique : on se transforme dans l’amitié, c’est un véhicule vers la sagesse

Un vrai lien, c’est de pouvoir se passer du lien, au prix de la possibilité de pouvoir être seul

Prendre l’ami pour lui-même, une altérité = un alter-ego

L’amour a pour cause la beauté (physique, morale) et pour but l’amitié

L’amitié est un amour sans sexe, une sublimation du désir

L’amitié c’est comme le jeu de paume : c’est un échange bien fait, bien donner et bien recevoir, la balle est totalement indifférente, ce qui compte c’est l’échange >>> le but est de continuer l’échange

« Aucun bien n’est agréable à posséder si on n’y associe personne »

Montaigne : la « parfaite amitié »

Est une connivence aussi rare que totale : « chacun se donne si entier à son ami » (Les Essais)

C’est une expérience purement singulière où le sujet devient lui-même auprès de l’autre, même après sa mort.

« Si on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne peut que s’exprimer, qu’en répondant : parce que c’était lui ; parce que c’était moi » Essais, livre 1 chap 28

L’amitié parfaite, vraie, entre Montaigne et La Boétie : un coup de foudre !

Les Essais, livre 1 chap 28 : On a dit que les Essais « sont le tombeau de La Boetie » écrits par Montaigne pour faire son deuil, la vie de Montaigne dévastée par la mort de La Boetie

La différence n’est pas un obstacle à l’amitié : Montaigne ne trouve qu’une seule réponse « parce que c’était lui, parce que c’était moi »

Une altérité au sein d’une quasi fusion

La Rochefoucauld

« C’est l’intérêt seul qui produit notre amitié. Nous ne nous donnons pas à eux pour le bien que nous leur voulons faire, mais pour celui que nous en voulons recevoir »

Kant

Agis de telle sorte que tu traites l’humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen.”

Spinoza

L’amour est une Joie qu’accompagne l’idée d’une cause extérieure.”

Nietzsche

L’ami est cet être « lointain » qui me pousse à me dépasser, à surmonter ma condition humaine, trop humaine – l’amitié est une communauté tendue vers l’éclosion du « Surhumain »

D’où des rapports d’émulation, de rivalité et même d’inimitié entre les amis véritables : « Il faut honorer dans son ami l’ennemi même » (Ainsi parlait Zarathoustra)

« Ce qui me rend triste ce n’est pas que tu m’aies menti, c’est que dorénavant je ne pourrais plus te faire confiance »

Camus

« Ne marche pas devant moi, je ne suivrai peut-être pas. Ne marche pas derrière moi, je ne te guiderai peut-être pas. Marche à côté de moi et sois mon ami »

Lacan

« l’amour c’est donner à l’autre quelque chose que l’on n’a pas (c’est-à-dire son manque) et dont il ne veut pas (l’autre n’attend rien) »

Le bonheur arrive lorsque nous acceptons de recevoir quelque chose que l’on n’attend pas et qui ne nous fait pas peur

On ne reçoit jamais autant que lorsque l’on n’attend rien.

 

==================== LEXIQUE =======================

Accepter veut dire être d’accord

  • Alors qu’accueillir ce qui est, c’est être raisonnable, prendre acte que ce qui est, est

D’abord repérer le genre auquel appartient la chose avant de déterminer ce qui la différencie des autres espèces du même genre (l’homme est un animal mais rationnel)

 

=================== CONFERENCES / MOOC / DOCUMENTATION =================

Platon, un amour de philosophe 3/5 – Le Banquet >>> https://www.youtube.com/watch?v=aI3Ns7uwWbE

L’érotisme (1/4) Platon : Au banquet d’Eros >>> https://www.youtube.com/watch?v=hYyMjZCXGBI

Francis Wolff : Peut-on définir l’amour ? >>> https://www.youtube.com/watch?v=BckgigvecqM

Conférences introductive : L’amour >>> https://www.youtube.com/watch?v=U-5pws0NjOg

Amour ou « krinkation » ? >>> https://www.youtube.com/watch?v=knNf9HFp_H4

L’amour physique est sans issue >>> https://www.youtube.com/watch?v=5Nr0FbSBlxs

En chemin vers l’amour de soi… >>> https://www.youtube.com/watch?v=amxKpMi_iqk

« Cœur brisé » dans la relation amoureuse >>> https://www.youtube.com/watch?v=1jZK5cni3mU

La voie du couple >>> https://www.youtube.com/watch?v=GzT73mxSvyg